Le gouvernement indien hausse le ton face aux géants de la Tech, coupables à ses yeux d’avoir censuré une vidéo officielle du Premier ministre Narendra Modi. Le ministère du Numérique a convoqué, dans la semaine, le représentant de Meta pour obtenir des explications. En parallèle, une plainte pénale vise depuis hier le directeur de la filiale locale. Cette offensive arrive dans la foulée des mobilisations du « Parti des cafards », le mouvement étudiant qui secoue le pays en ce moment. 

Publié le : 01/08/2026 – 16:34

2 min Temps de lecture

Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally  

En pleine vague de manifestations étudiantes, Facebook a suspendu pendant plusieurs heures une vidéo du Premier ministre. Narendra Modi y appelait au calme et dénonçait les violences qui accompagnent le mouvement du « Parti des cafards ». 

Meta a ensuite rétabli la publication, en évoquant une erreur de modération. 

L’affaire a aussitôt pris une tournure politique. 

Dans la semaine, le mardi 28 juillet, le ministère indien de l’Électronique a convoqué Arun Srinivas, le directeur de Meta India. 

Et vendredi 31 juillet, la police de Hyderabad a enregistré une plainte contre lui, à la demande de responsables locaux du BJP, parti au pouvoir, qui l’accusent d’avoir laissé circuler des contenus jugés diffamatoires envers Narendra Modi. 

Meta, Google, X et Snapchat devront aussi répondre aux questions d’une commission parlementaire, la semaine prochaine, lundi 3 août.

Le « Parti des cafards », qui accuse les grands médias de l’ignorer, a trouvé sur les réseaux sociaux l’écho nécessaire. 

Et c’est bien là que se situe l’enjeu : au-delà de cette polémique, c’est la relation de plus en plus tendue entre le pouvoir indien et les géants de la Tech qui se joue, dans un pays où les plateformes numériques occupent une place centrale dans la vie politique.

L’Inde est le premier marché de Meta, avec des centaines de millions d’utilisateurs sur Facebook, Instagram et WhatsApp, tandis que Google, X et Snapchat occupent eux aussi une place centrale dans le débat public.

À lire aussiInde: sous haute sécurité, le «Parti des cafards» maintient la pression sur le gouvernement