Netflix a refusé jeudi de relever son offre de rachat du groupe de cinéma et de télévision Warner Bros face à celle de son concurrent Paramount, estimant que l’opération n’était plus financièrement attractive. Cette décision place Paramount en position favorable.
C’est un coup de théâtre majeur dans ce dossier à rebondissements qui dure depuis plus de cinq mois: Netflix a décidé jeudi qu’il ne relèverait pas son offre sur Warner Bros Discovery (WBD) après l’offre révisée déposée cette semaine par Paramount Skydance.
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Cette annonce devrait faire passer le célèbre studio hollywoodien Warner Bros ainsi que la plateforme de streaming HBO Max et un groupe de chaînes de télévision, dont CNN, entre les mains de Paramount Skydance, redessinant ainsi le paysage médiatique des Etats-Unis.
Warner Bros a fixé au 20 mars la date de l’assemblée générale extraordinaire lors de laquelle les actionnaires devront déterminer l’avenir du groupe.
Netflix « refuse de s’aligner » sur l’offre
Paramount, premier à avoir soumis une proposition de reprise dès septembre, n’avait jamais été considéré comme favori jusqu’ici.
Après une série d’offres et contre-offres, l’entreprise a relevé en début de semaine sa proposition à 31 dollars par action Warner Bros Discovery, contre 30 jusqu’ici. En incluant la dette de Warner, cela valorise la cible autour de 110 milliards de dollars (près de 85 milliards de francs).
Le conseil d’administration du groupe convoité avait estimé jeudi que cette version était « supérieure », tout en indiquant qu’il allait recommander celle de Netflix.
Quelques minutes après, Netflix a annoncé « refuser de s’aligner sur » l’offre de Paramount Skydance. « Au prix nécessaire pour s’aligner sur la dernière offre de Paramount Skydance, cette transaction n’est plus attractive financièrement », a expliqué le conseil d’administration du numéro un mondial du streaming.
Contrôle de l’entier du groupe
Début décembre, Netflix et Warner Bros Discovery avaient annoncé un accord de reprise validé par les deux conseils. Il ne prévoyait, cependant, que l’acquisition d’une partie du groupe, à savoir principalement le studio de cinéma et télévision Warner Bros et la plateforme de streaming HBO Max.
Le reste, soit, pour l’essentiel, des chaînes de télévision parmi lesquelles CNN et Discovery, devait être logé dans une nouvelle société baptisée Discovery Global, introduite en Bourse. Netflix proposait 82,7 milliards de dollars (près de 64 milliards de francs) pour ce périmètre réduit.
Paramount Skydance, lui, veut prendre le contrôle de l’ensemble du groupe. Cette opération va nécessiter un montage financier atypique et le soutien personnel de Larry Ellison, fondateur du géant de l’informatique à distance Oracle et père du patron actuel de Paramount, David Ellison.
>> Réécouter le sujet de Tout un monde qui revient sur les enjeux autour du rachat de Warner Bros : La bataille pour racheter Warner: qui décidera ce que nous regardons? / Tout un monde / 5 min. / le 10 décembre 2025 Processus « dépeint de façon erronée »
Paramount Skydance se prépare ainsi à absorber une entreprise qui pèse six fois sa propre capitalisation boursière et va devoir, pour ce faire, s’endetter massivement. En outre, l’entreprise s’est engagée à payer à Warner Bros Discovery les 2,8 milliards de dollars d’indemnité de rupture que le groupe a promis à Netflix en cas de non-réalisation de leur union.
Paramount juge sa proposition davantage susceptible d’être autorisée par les régulateurs que celle de Netflix. Une thèse contestée par Netflix, qui a accusé Paramount d’avoir « dépeint de façon erronée » le processus de validation par les régulateurs.
Malgré ce revers, les investisseurs ont salué le désengagement de Netflix d’un dossier qu’ils voyaient d’un mauvais œil, beaucoup estimant qu’il risquait de payer trop cher pour Warner.
iar avec agences