Impossible de manquer l’événement. Ce samedi 1er août à Ajaccio, en fin d’après-midi déjà, la file s’étire devant les grilles du Casone et serpente l’allée du cours Grandval. Certains attendent depuis plus de trois heures pour être aux premières loges. Face à l’affluence, les organisateurs ont même retiré les gradins afin de gagner de la place dans l’enceinte du théâtre de verdure.

Le public patiente d’abord avec Mariotti. L’artiste ajaccien, rappeur et producteur, ouvre la soirée avec un set où le rap flirte avec les musiques électroniques. Une entrée en matière qui met doucement le Casone en mouvement.

Puis les lumières s’éteignent. Quelques secondes suffisent à faire basculer l’ambiance. Dès son apparition, PLK est accueilli par une clameur qui couvre presque les premières notes. Les téléphones s’allument instantanément, les premiers rangs se compriment contre les barrières et les refrains prennent déjà le dessus.

Une heure à un rythme infernal

PLK ne s’attarde pas entre les morceaux. Les transitions sont courtes, parfois inexistantes. Tu dors ?, Jamais, Copine, Pocahontas… les titres s’enchaînent à une vitesse folle et le public suit sans jamais décrocher.

Le concert est à l’image de son interprète : intense. Des colonnes de flammes jaillissent de la scène, des feux d’artifice éclatent au-dessus du Casone tandis que la fumée enveloppe souvent les musiciens. Un dispositif spectaculaire, mais qui ne prend jamais le pas sur l’essentiel : les morceaux.

Face à l'affluence, les organisateurs ont même retiré les gradins afin de gagner de la place dans l'enceinte du théâtre de verdure.Face à l’affluence, les organisateurs ont même retiré les gradins afin de gagner de la place dans l’enceinte du théâtre de verdure. ALBERT SALADINI

Sur Attentat, la fosse explose. Les spectateurs sautent à l’unisson, les cris couvrent presque la musique. Quelques titres plus tard, Monégasque, extrait de son premier album, reçoit le même accueil. Sur scène, le rappeur ne s’économise pas. Son tee-shirt est rapidement trempé, mais le rythme ne baisse jamais.

« J’ai fait la moitié de mon album ici »

Au milieu du concert, PLK prend enfin le temps de souffler… et de parler d’Ajaccio. « J’ai fait la moitié de mon album ici, au Trottel », confie-t-il, avant d’expliquer que plusieurs membres de sa famille vivent en Corse. Une phrase qui n’a rien d’anodin. Elle donne une résonance particulière à cette date, presque symbolique.

Dans le public, les adolescents sont les plus nombreux. Mais ils ne sont pas les seuls. Jeunes adultes, parents et curieux se mêlent à une foule compacte qui reprend presque chaque refrain.

Une promesse avant de quitter Ajaccio

Le concert touche déjà à sa fin lorsque résonnent les premières notes de Petrouchka, en feat avec Soso Maness. Si l’artiste n’est pas présent sur scène, son absence passe presque inaperçue tant le public reprend sa partie. Pendant quelques minutes, le Casone ne forme plus qu’une seule voix.

Une heure tout juste après son entrée sur scène, PLK salue le public. Un concert finalement assez court, mais mené sans le moindre temps mort.

Avant de disparaître, il glisse un dernier mot aux spectateurs. « Jouer ici, ça restera un de mes meilleurs souvenirs. Je reviendrai au plus vite… Pourquoi pas l’année prochaine. » Et au vu de la réaction du public, l’idée ne semble déplaire à personne.