L’Espagne offre régulièrement des séries atypiques enthousiasmantes. « Celeste » n’échappe pas à la règle. Mieux qu’une vulgaire enquête administrative, la série dresse le portrait de Sara (Carmen Machi), une lugubre inspectrice des impôts qui se révèle lumineuse et drôle. Jouissif!

Dans la réalité, rares sont les inspecteurs des impôts séduisants. Par chance, en fiction, il en va tout autrement. Après les fous rires déclenchés par Jacques Villeret et Daniel Prévost dans la comédie savoureuse de Francis Weber « Le dîner de cons », il faut désormais compter sur Carmen Machi, actrice espagnole primée à Séries Mania en 2025 pour son interprétation de Sara dans « Celeste », également élue meilleure série dans la section panorama.

Engoncée dans son costume gris triste, les yeux sur tout, même s’ils restent planqués derrière des petites lunettes de fonctionnaire fourbe et tatillonne, Sara est une rusée expérimentée impossible à gruger. Cette femme droite et rigoureuse, crainte de tout le monde, considère les resquilleurs à l’impôt comme une plaie. Bien sûr, elle est consciente que personne ne raque cette dîme de gaité de cœur, mais, sans cette redevance obligatoire, aucune société ne pourrait fonctionner correctement. Sara le rappelle régulièrement: tenter d’échapper à l’impôt revient à mettre un coup de canif dans le contrat de solidarité qui unit un citoyen à un pays qui lui offre ses infrastructures en échange.

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Inspiré par l’affaire Shakira?

Ainsi, Sara, sur le point de partir en préretraite après avoir échoué lamentablement à épingler un célèbre footballeur, se voit offrir par son chef de service une sortie honorable. Il lui sert sur un plateau Celeste, une chanteuse mexicaine à succès dont la fraude avoisinerait les 25 millions d’euros. Toute ressemblance avec l’affaire Shakira serait fortuite selon la production, même si les raisons d’en douter sont bien réelles, à commencer par le répertoire de Celeste et son look.

En tout cas, pour Sara, l’occasion est trop belle de se priver de rogner jusqu’à la moelle l’os qu’on lui donne à ronger. La voici donc en piste pour cette ultime affaire qui sonne comme une revanche, l’occasion aussi de sortir de son bureau austère pour pénétrer le monde pailleté du showbiz.

>> A voir, le premier épisode de la série « Celeste » (disponible jusqu’au 6 mai 2026). Disponible aussi sur l’application Play RTS : Episode 1 Episode 1 / Celeste / 27 min. / dimanche à 22:40 Une femme attachante qui n’a pas dit son dernier mot

Plus qu’une vulgaire satire administrative, et même si « Celeste » emprunte certains codes au polar, la série s’en détourne allègrement pour dresser le portrait d’une jeune veuve solitaire, bien dans sa soixantaine et qui traverse un moment charnière de son existence.

En plein bilan, elle s’apprête à tourner avec angoisse une nouvelle page. La découverte sur le tard et par hasard d’un secret de son défunt mari, pourrait l’aider à se projeter plus facilement, et même pourquoi pas avec un paparazzo célibataire endurci qui l’aide dans sa traque à la tricheuse. Ainsi, derrière l’inspectrice antipathique se dévoile progressivement une femme attachante qui n’a pas encore dit son dernier mot.

Philippe Congiusti/aq

« Celeste », de Diego San José. Avec Carmen Machi, Andrea Bayardo, Manolo Solo. La saison 1 (6 épisodes) est à voir sur RTS1 les dimanches aux alentours de 22h40 depuis le 21 février. A voir également depuis le 21 février sur Play RTS et disponible en intégralité du 7 mars au 6 mai 2026.