En 2008, Robert Smith en pilote automatique manque de carburant mélodique et paraît parfois s’autoparodier sur des morceaux sans colonne vertébrale ni inspiration.
Malgré l’incisif Sleep When I’m Dead, ce treizième album de The Cure ressemble au mieux à des faces B des années 1980. On se demande bien quelle énergie pousse encore Robbie à sortir des albums aussi indigents, empesés par des compositions à moitié achevées, comme en perdition, sans colonne vertébrale ni carnation autre que des lambeaux d’une jeunesse fougueuse à jamais évanouie.
Le long morceau d’ouverture, Underneath the Stars, tout en guitares noueuses et fièvre incantatoire, laisse vaguement entrevoir un horizon qui se referme malheureusement aussi vite sur lui-même, faute de carburant mélodique et, plus grave encore, en panne sèche d’intensité.
Un mauvais rêve
Entendues déjà des dizaines de fois sur les albums précédents – surtout sur les moins bons –, la plupart des chansons paraissent s’extirper d’un magma faiblement incandescent et se refroidir aussi vite comme des statues atrophiées, ankylosées et douloureuses. Et ce ne sont pas les fantômes des Stooges (The Real Snow White) ni de Hendrix (Switch), convoqués à son chevet, qui feront de ce 4:13 Dream autre chose qu’un mauvais rêve.