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SÉRIE (1/6). Depuis plus de quarante ans, les Chevaliers du Fiel font rire la France. C’est en 1984 que le duo d’humoristes a présenté son premier spectacle à Toulouse après une mémorable soirée du Micro d’or à la Halle aux Grains.
Grâce au Micro d’or de La Dépêche du Midi, Éric Carrière, le grand frisé du célèbre duo, avait déjà connu la notoriété au début des années 80. Docteur en sociologie avec mention très bien, rien ne le prédestinait pourtant à devenir un saltimbanque, à ce détail près que savoir observer la société est un sacré atout pour faire rire des rapports humains… « Grâce à cet énorme radio-crochet organisé par La Dépêche du Midi où sept cents auteurs, compositeurs ou artistes participaient avec du haut niveau, j’ai fait partie des soixante-dix sélectionnés », rappelle Éric Carrière. « Ensuite, ils ont fait sept groupes de dix et une grande soirée pour chaque groupe, avec une grande vedette. À l’époque, Adamo, Souchon, des gens importants, étaient présents ».
« Soutenu par un public hallucinant »
Le vainqueur de chaque groupe était ensuite convié à la Halle aux Grains pour la grande finale. « J’ai été soutenu par un public hallucinant alors que j’étais totalement inconnu, ça a très bien marché mais ce n’était pas vraiment une chanson », reconnaît l’artiste en herbe. « J’ai su que j’avais gagné mais la maison de disques qui remettait le Grand Prix s’est interposée car elle voulait un vrai chanteur et moi j’étais davantage dans le registre de l’humour chanté. Ils ont donc créé un prix spécial, qui n’était pas prévu, pour qu’il n’y ait pas d’émeute. Ils ont appelé ça le Prix de l’humour et de l’originalité du Micro d’or de La Dépêche du Midi ». Grâce à cette notoriété naissante, des agents l’ont repéré et lui ont permis d’animer les grandes foires-expositions. Grâce à trois chansons, il a ainsi pu faire quelques premières parties.
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On est en 1981. Éric Carrière et Francis Ginibre ne se sont pas encore rencontrés artistiquement pourtant une drôle de circonstance a déjà uni leurs destins… « Ce qui est amusant, c’est que j’étais dans la salle lors de ce fameux Micro d’or », se souvient Francis Ginibre. « Je ne connaissais absolument pas Éric mais j’étais venu voir un copain qui l’accompagnait au piano ».
Éric Carrière : « Je ne voulais pas du tout être prof »
Cette fameuse soirée à la Halle aux Grains a permis un premier rapprochement. Elle a aussi persuadé Éric Carrière qu’il était fait pour le spectacle. « Je ne voulais pas du tout être prof », avoue l’humoriste. « J’ai vécu une révélation. Je suis la Bernadette Soubirous de la scène. Devant mille personnes qui riaient, je me suis dit : c’est mon destin, c’est ma vie. J’en suis sorti certain ».
À ce moment-là, Francis Ginibre avait fait les Beaux-Arts et il faisait de la musique. « Je jouais avec des groupes, avec des orchestres de bal pour gagner ma vie », raconte le petit frisé du bientôt célèbre duo. « De la batterie et je chantais aussi. C’est comme ça qu’on s’est connus avec Éric, parce qu’il avait besoin de musiciens, et surtout d’un batteur à une certaine époque. Je suis donc venu pour faire juste un ou deux remplacements, et puis voilà, quarante ans après ça dure encore… ».
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Première scène à la discothèque le Nirvana
À partir de là, les deux joyeux lurons ont commencé à se faire connaître. On est en 1983. « Notre première scène ensemble a eu lieu dans une discothèque à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, qui s’appelait Le Nirvana », se souvient Éric Carrière. « À l’époque, je jouais partout où il y avait quelqu’un de vivant. Nous avons fait trois dates avec Francis et je suis parti à Avignon jouer l’hiver dans un théâtre. Je lui ai dit : je vais écrire un spectacle et je viendrai te chercher, parce qu’il me faut un musicien, un chanteur, et on s’entend bien ». Un an après naissaient Les Chevaliers du Fiel.
Ce premier spectacle, c’est « Le Détournement d’avion le plus fou de l’année » en 1984. Ils le joueront un peu partout à Toulouse, dans les cafés-théâtres et au Père Bacchus, un restaurant qui possédait une cave-spectacle sur la place Saint-Georges. Ils feront aussi leurs premières apparitions sur Télé Toulouse avec des courts-métrages comiques (« La clinique Saint-Thomas de Pinsaguel », « Buck et Nick », « Jean-Paul André »…). La gloire locale semble bien engagée, à tel point que leur prend l’envie d’aller taquiner le public de la capitale. Ils montent donc à Paris où le succès n’est pas immédiatement au rendez-vous…