L’ancien président américain Bill Clinton a assuré vendredi n’avoir « eu aucune idée des crimes » sexuels commis par son ancien ami Jeffrey Esptein. Il s’est exprimé devant la commission d’enquête parlementaire qui l’interroge sur ses liens passés avec le financier pédocriminel.

« Je n’ai rien vu et je n’ai rien fait de mal », a affirmé l’ancien chef d’Etat démocrate dans une déclaration liminaire, publiée sur X. « Même avec le recul je n’ai rien vu qui m’ait alerté », a-t-il insisté, réaffirmant avoir pris ses distances avec Jeffrey Epstein plus d’une décennie avant sa mort en prison en 2019.

Contenu externe

Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.

Accepter Plus d’info

James Comer, président de la commission à majorité républicaine qui interroge Bill Clinton, a déclaré avant l’audition avoir « de nombreuses questions » à poser à l’ancien président, qui a voyagé « au moins 27 fois » à bord du jet privé de Jeffrey Epstein, lequel s’est rendu « 17 fois » à la Maison Blanche sous son mandat.

Entendre Donald Trump

Les élus démocrates ont répété pour leur part qu’ils souhaitaient entendre Donald Trump. « Soyons honnêtes, nous nous adressons aujourd’hui au mauvais président », a lancé Suhas Subramanyam, autre membre de la commission. « C’est le président Trump qui bloque notre enquête. C’est le président Trump qui veut étouffer cette affaire ».

Comme pour l’actuel président républicain, le nom de Bill Clinton (au pouvoir de 1993 à 2001) apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.

Dans des images récemment rendues publiques par la justice, on le voit participer avec Jeffrey Epstein à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué avant publication. Sur une photo, il est dans un bain à remous.

Bill Clinton a déjà assuré à plusieurs reprises qu’il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison. L’année de la mort en prison de Jeffrey Epstein en 2019, l’ex-président déclarait ne pas lui avoir parlé depuis plus d’une décennie.

Après Hillary Clinton

Une ligne de défense rappelée jeudi par son épouse, Hillary Clinton, devant la même commission. Selon elle, « la grande majorité des personnes qui ont eu des contacts avec lui avant ses aveux de culpabilité en 2008 (…) ne savaient pas ce qu’il faisait ».

Comme son épouse, l’ex-chef de l’Etat est entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.

L'ex-président américain Bill Clinton a été interrogé vendredi par une commission d'enquête parlementaire sur ses liens avec Jeffrey Epstein. [KEYSTONE - ANGELINA KATSANIS] L’ex-président américain Bill Clinton a été interrogé vendredi par une commission d’enquête parlementaire sur ses liens avec Jeffrey Epstein. [KEYSTONE – ANGELINA KATSANIS]

Hillary Clinton a répété jeudi qu’elle n’avait jamais rencontré Jeffrey Epstein et s’est montrée pugnace devant les membres de la commission à majorité républicaine.

« Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d’exploitation sexuelle d’Epstein (…) elle demanderait directement à notre président actuel de s’expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier », a-t-elle lancé.

>> Lire : Hillary et Bill Clinton auditionnés sur leurs liens avec Jeffrey Epstein

« Faits très graves »

Les démocrates réclament d’entendre Donald Trump notamment sur la base de nouvelles révélations de la presse. Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d’une femme affirmant avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.

« Ce sont des documents qui accusent le président des Etats-Unis de faits très graves de violence sexuelle », a insisté l’élu de Californie Robert Garcia.

Longue bataille judiciaire

Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d’enquête, James Comer. Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter.

Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement accepté d’être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains. Si l’audition n’est pas publique, son enregistrement devrait toutefois être dévoilé à son issue.

Depuis la publication le 30 janvier d’une nouvelle salve de documents, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.

afp/kkub