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À Castelmayran, un studio photo innovant a trouvé sa place dans les ateliers de l’ESAT Les Rives de Garonne. Derrière cette machine, l’objectif est surtout de proposer de nouvelles missions aux personnes accompagnées.

Françoise ajuste le col d’un sweat posé sur un mannequin. Après un dernier coup d’œil, elle flashe un QR code. Le studio photo se met alors en marche : la plateforme effectue une rotation à 360 degrés, les projecteurs s’allument et l’appareil capture automatiquement des dizaines de clichés. En quelques secondes, le vêtement apparaît sous tous les angles sur l’écran de l’ordinateur.

La scène se déroule dans l’un des ateliers de l’ESAT Les Rives de Garonne, à Castelmayran,  où l’équipement a été installé en début d’année. Une technologie peu commune qui permet de valoriser davantage les pièces confiées par Medusa, entreprise de Bressols spécialisée dans la vente de seconde main.

La collaboration existait déjà autour de la préparation des textiles : lavage, détachage et repassage avant leur mise en ligne sur Internet. Mais la société cherchait aussi une solution pour améliorer la prise de vue des articles. « On s’est rendu compte que ça pouvait être une activité intéressante pour nous, il fallait simplement l’adapter aux personnes qu’on accompagne », explique Stéphane Pajamandy, responsable de service.

Un travail en binôme

Grâce au FAT-ESAT, un fonds destiné à soutenir des projets innovants, l’établissement a pu investir dans cette cabine photo pour un montant de 38 000 euros, financé à moitié par cette enveloppe. Sur place, le fonctionnement est désormais bien rodé, avec un arrivage de nouveaux portants chaque mardi. Le plus souvent, le travail se fait en binôme : une personne s’occupe de la préparation et du positionnement des pièces, tandis que l’autre veille à la partie informatique et au traitement des clichés. « Ils sont en quasi complète autonomie. Nous, on intervient simplement pour valider la qualité » explique Sophie Nougarède, monitrice d’atelier et chargée d’insertion professionnelle. Selon les volumes transmis, jusqu’à 60 vêtements peuvent être photographiés en une journée.

« J’ai pris le coup de main, je suis contente »

Pour Françoise, parmi les premières à s’être approprié l’équipement, cette activité change du quotidien. « Au début, c’était difficile, mais maintenant, j’ai pris le coup de main. C’est complètement différent de ce qu’on fait habituellement, donc je suis contente », confie-t-elle. C’est justement cette évolution des missions proposées que l’ESAT cherchait à encourager. Avec ce studio, l’objectif n’est pas seulement de répondre à une demande d’entreprise, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives à celles et ceux qui y sont formés. La maîtrise d’un outil numérique, le respect d’un cahier des charges ou encore la préparation d’un produit destiné au e-commerce sont autant de compétences qui pourront, demain, faciliter une expérience professionnelle en dehors de l’établissement. 

L’activité séduit aussi par son côté concret. « Des vêtements, on en a tous, donc ça nous parle, on se dit qu’il y en a certains qu’on pourrait porter » glisse une accompagnante. Mais surtout, le résultat est visible : les photos réalisées sont ensuite mises en ligne sur les plateformes de vente. Une manière pour les travailleurs de voir directement l’aboutissement de leur mission. « Quand ils rentrent chez eux le soir, c’est plus facile à expliquer », précise Stéphane Pajamandy.

Pour Eric Anglais, fondateur et gérant de Medusa, cette collaboration correspond pleinement à la philosophie de l’entreprise. « Dans notre univers, le côté écologique est important, mais les valeurs humaines aussi », résume-t-il pour expliquer son choix. De son côté, l’ESAT réfléchit déjà à la suite. Le studio pourrait prochainement être déplacé dans un espace dédié pour accompagner le développement de cette activité. À terme, l’objectif est aussi de photographier d’autres produits que des vêtements et ainsi proposer de nouvelles missions aux personnes accompagnées.