Elle est arrivée avec ses tableaux sous le bras, une histoire à raconter et cette manière bien à elle de parler de peinture comme on parle d’un chemin de vie. Devant un public attentif, réuni pour la première rencontre du cycle « Quand l’Ubaye inspire la création », Albane-Charlotte Vitalis a ouvert les portes d’un univers où l’art se confond avec la quête intérieure.

Fille d’un ancien chasseur alpin de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) et d’une mère marseillaise, elle fréquente la vallée depuis l’enfance, entre les pistes de Pra Loup et les sentiers de l’Ubaye.

D’une école de commerce aux pinceaux

Rien, pourtant, ne la destinait à la peinture. Après une école de commerce, des années passées en Finlande, en Argentine, à Paris et Madrid, elle travaille dans le marketing digital. « J’étais en mode survie », confie-t-elle.

Un jour, elle reprend ses pinceaux. « La peinture, pour moi, c’est une façon de laisser mon âme s’exprimer librement. » Parallèlement, elle se forme au shiatsu, puis au yoga – qu’elle enseigne aujourd’hui à plein temps en Ubaye – et voyage en Inde, où un sage lui donne le prénom de Kamala, la fleur de lotus. Cette fleur, symbole de pureté qui puise ses racines dans la vase pour s’ouvrir vers la lumière, devient sa signature.

Une peinture de matière et de vibration

Ses toiles, exposées récemment, mêlent acrylique, pigments rapportés d’Inde et du Maroc, plâtre, sable, feuilles d’or et parfois partitions collées. Elle peint souvent avec les mains, prolongement direct de son travail énergétique. Le vert, omniprésent, intrigue une visiteuse. « C’est la couleur du cœur, de la guérison », répond-elle.

Son patronyme, Vitalis, d’origine grecque, signifie « relié à la vie » : tout est dit. Certaines œuvres, comme Merveille, mûrissent des années durant. D’autres, comme Résilience, naissent d’une blessure transformée en beauté.

Transmettre plus qu’exposer

Albane ne cherche ni à copier ni à séduire. L’artiste propose, suggère, écoute ce que les visiteurs voient dans ses tableaux – parfois des choses qu’elle-même n’avait pas perçues.

« Quand on expose, on s’expose », sourit-elle. Prochaine étape ? Peindre à nouveau dans de grands formats, peut-être des lieux publics, pour offrir, dit-elle, « une fenêtre » à ceux qui en ont besoin. Une invitation, en somme, à regarder autrement.