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Voilà une ingérence inédite dans l’histoire récente de la démocratie directe. Vendredi dernier, la veille de la Fête nationale, la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, publiait sur son compte Telegram un texte fustigeant la neutralité «à géométrie variable» qu’appliquerait Ignazio Cassis tout en apportant son soutien à l’initiative de Christoph Blocher pour une neutralité «intégrale». Le jour même, son propos est repris en résumé par le média Russia Today, l’un des principaux relais de la propagande du Kremlin, dans ses versions française et allemande. Censuré dans l’Union européenne, celui-ci est accessible en Suisse. La Neue Zürcher Zeitung (NZZ) en proposait mardi une traduction intégrale, à titre «exceptionnel», pour «permettre ainsi aux lecteurs de se forger leur propre opinion».

Qu’y a-t-il de nouveau? Vladimir Poutine considère que la Suisse n’est plus neutre depuis la décision du Conseil fédéral – quelques jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 – de reprendre de «manière autonome» les sanctions de l’Union européenne. Ce que la Suisse a fait, presque intégralement, jusqu’au 20e paquet, le plus récent. Moscou l’a depuis lors placée sur la liste des pays «inamicaux». Ses représentants, y compris en Suisse, répètent depuis quatre ans que la Suisse n’est plus neutre. C’est d’ailleurs en réaction aux affirmations de Moscou que Christoph Blocher s’est décidé à l’été 2022 à rédiger le texte de son initiative, au nom du comité Pro Suisse, avec le soutien de l’UDC.