Animateur incontournable du paysage audiovisuel français, Stéphane Bern est connu pour son amour du patrimoine et sa passion de l’Histoire, notamment à travers l’émission Secrets d’histoire. Mais au-delà de ses talents de conteur, il y a l’homme engagé, prêt à tout pour préserver l’héritage architectural du pays. L’aventure hors normes qu’il mène à Thiron-Gardais en est l’une des preuves les plus éclatantes. Dans ce village du Perche, l’animateur a littéralement redonné vie à un lieu oublié : l’ancien Collège royal et militaire, sauvé in extremis de la ruine pour devenir à la fois un musée ouvert à tous et un cocon privé. Depuis qu’il a quitté Paris en décembre 2021, Stéphane Bern s’est totalement investi, avec son compagnon Yori Bailleres, dans ce projet aussi ambitieux qu’intime. Focus sur cette grande œuvre personnelle, ses sacrifices, ses choix esthétiques et les coulisses de sa vie au vert.

Le Collège royal de Thiron-Gardais : Stéphane Bern, une vie dédiée à la sauvegarde du patrimoine

En décembre 2012, Stéphane Bern se voit proposer une visite du Collège royal et militaire de Thiron-Gardais : une bâtisse oubliée, posée au cœur d’une abbaye du XIIe siècle, menacée par l’abandon. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais au contraire, elle ne fait que commencer. Il fait une offre à 300 000 euros et s’engage à entretenir ce monument du XVIIe siècle, fondé en 1630 (dans un village de 1 000 habitants). Il prend le pari risqué d’une vaste restauration : près de 4 millions d’euros finalement investis pour sauver, restaurer, aménager et ouvrir le site. Selon ses propres mots, cités dans Gala, « Je me suis endetté au-delà de mes capacités : 4 millions d’euros à rembourser sur 25 ans. J’ai refusé toutes les aides publiques. Tout mon argent y passe, mes droits d’auteur, l’argent des émissions. »

Rien de standard ici : Bern finance intégralement le projet, n’acceptant aucune subvention pour « garder sa liberté », quitte à vendre le contenu de son appartement parisien et sacrifier tout le confort d’une vie urbaine. Objectif affiché : offrir des pièces ouvertes aux visiteurs, un musée ancré dans son temps et, en parallèle, un havre strictement personnel respectueux de l’esprit des lieux. Il faut imaginer l’endroit : huit chambres, des centaines de graffitis d’élèves (de 1630 à 1790) préservés dans la maison du prieur, un décor scrupuleusement fidèle au XVIIe siècle et… loin de toute modernité superflue. « Il n’y a rien de contemporain ici », confie-t-il.

Loin des projecteurs parisiens, Bern s’installe à plein temps dans le collège à partir de décembre 2022. Accompagné de son compagnon Yori Bailleres et de leurs deux teckels mythiques, Scoop et Mirza, l’animateur vit désormais au rythme des saisons, des restaurations et de la vie locale. Depuis l’ouverture estivale du musée en 2016, les chiffres parlent : 12 000 visiteurs chaque année, un tarif d’entrée de 8 euros qui attire autant de curieux que de passionnés d’histoire.

Un cocon historique et des jardins d’exception : la double vie d’un monument vivant

La dimension patrimoniale du Collège royal ne s’arrête pas à ses murs. Sous l’impulsion de Stéphane Bern et de Yori Bailleres, le domaine est devenu un espace pluriel : à la fois musée vivant, résidence familiale et laboratoire d’expérimentation. D’un côté, la partie privée – installée dans l’ancienne maison du prieur – se distingue par la préservation minutieuse du cachet d’époque : graffitis authentiques, meubles choisis pour leur fidélité au style du XVIIe siècle, absence délibérée de décoration contemporaine. De l’autre, le musée et les jardins offrent au public une plongée totale dans l’histoire du lieu et du Perche.

Impossible de passer à côté des jardins conçus par le paysagiste de renom Louis Benech : un tracé à la française, une roseraie, un jardin d’hiver, un labyrinthe et même une basse-cour invitent les visiteurs à la flânerie. Ces espaces, ouverts à tous, prolongent la démarche de transmission voulue par Bern. Yori Bailleres, moteur de la diversification du domaine, a créé une gamme exclusive de produits dérivés, la marque « Collège royal » : bougies, textiles ou souvenirs à l’effigie des incontournables Scoop et Mirza apportent une touche ludique et contemporaine à cet univers patrimonial.

Au quotidien, Yori résume l’esprit retrouvé des lieux : « Ici, on entend le chant des oiseaux, le bruit de l’eau qui coule dans la fontaine du jardin. Ça m’apaise. » Un art de vivre qui séduit, dans un cocon où se mêlent exigence, audace et passion du patrimoine.

Sources : Télé Star, Gala

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