Plusieurs caisses de chômage du canton du Valais ont fait appel à des agents de sécurité, en lien avec des retards dans le versement d’indemnités causés par une panne informatique. Une mesure similaire aurait été prise par des caisses vaudoises. Aucune situation critique ne s’est produite jusqu’à présent, mais le personnel est sous pression.
Certaines caisses de chômage sont confrontées à une recrudescence de réactions émotionnelles, a indiqué le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), confirmant une information publiée initialement par Rhône FM et vendredi par le Walliser Bote.
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Les caisses de chômage publiques et les succursales des syndicats Unia et Syna auraient ainsi fait appel à du personnel de sécurité pour protéger leurs employés contre d’éventuelles agressions. Aucune situation réellement menaçante ne s’est toutefois produite jusqu’à présent, d’après l’article du « Walliser Bote ».
Du personnel de sécurité est aussi en service dans d’autres cantons, a indiqué une porte-parole du syndicat Unia. Très peu de situations critiques se sont produites et elles n’avaient rien à voir avec le nouveau système informatique, entré en vigueur le 6 janvier.
Décision prise en décembre
La décision d’engager des agents de sécurité a été prise en décembre, assure dans Forum Jean-Claude Frésard, directeur de la caisse cantonale du Valais et président de l’association suisse des caisses publiques de chômage.
Il explique qu’il y avait alors déjà une forte affluence, car les paiements de décembre devaient être à jour avant le changement de système en janvier (qui a causé une panne informatique, entraînant ensuite du retard dans le versement de nombreuses allocations, ndlr).
Quand on attend ses indemnités depuis deux mois et qu’on doit choisir entre se nourrir ou payer ses factures, c’est évidemment extrêmement difficile et ça crée des tensions
Yétone Hoxa, président de l’Association de défense des chômeuses et chômeurs de Lausanne
« On a donc eu une forte affluence dans les guichets. C’est uniquement pour cette raison qu’on a engagé des agents de sécurité. L’objectif était de soulager les collaborateurs et collaboratrices des caisses en confiant la gestion des files d’attente. On a ensuite maintenu ce dispositif dans toutes les succursales. »
Yétone Hoxa, résident de l’Association de défense des chômeuses et chômeurs de Lausanne, voit d’un mauvais oeil ce déploiement d’agents de sécurité. « Je trouve cela assez problématique, car c’est aussi une façon de priver les gens de faire valoir leurs droits et d’aller expliquer les problèmes qu’ils rencontrent. »
J’ai une personne en arrêt maladie de longue durée et deux démissions à cause du changement de système. La situation est similaire ailleurs
Jean-Claude Frésard, directeur de la caisse cantonale du Valais
Il précise que des agents de sécurité ont aussi été déployés par des caisses vaudoises. Il dit également comprendre les réactions des assurés qui s’emportent. « Quand on attend ses indemnités depuis deux mois et qu’on doit choisir entre se nourrir ou payer ses factures, c’est évidemment extrêmement difficile et ça crée des tensions. D’autant plus quand on met des secrétaires à l’entrée qui font le tri, c’est encore plus difficile. »
Retour à la normale pas avant juin
Les problèmes techniques dus au changement de système informatique ont été résolus, mais la vitesse du système n’a pas encore atteint le niveau souhaité, indique le Seco. Les améliorations du système et la résolution des problèmes se poursuivront au cours de la phase intensive de suivi, ajoute de dernier. Cette phase durera jusqu’en juin 2026 et se poursuivra au-delà.
Pour Jean-Claude Frésard, il va être difficile de tenir jusque-là. « Si je prends l’exemple de ma caisse, j’ai une personne en arrêt maladie de longue durée due à l’introduction de ce nouveau système. J’ai reçu une démission fin janvier et je viens d’en recevoir une ce matin. Je sais que plusieurs caisses de chômage vivent cette même réalité. Donc fin juin, c’est super loin. »
Les coûts des mesures de sécurité sont pris en charge par le fonds de compensation de l’assurance-chômage, selon le Seco. La décision d’engager du personnel de sécurité est prise exclusivement par les caisses de chômage. Le Seco ne donne aucune directive à ce sujet.
asch avec ats