Un hélicoptère d’Air Zermatt surgit et déverse plus de 700 litres d’eau sur des arbres desséchés enveloppés de fumées artificielles. Au sol, des pompiers déroulent leurs tuyaux, et avancent dans la pente jonchée de pierres. Tous sont Bernois. Les instructeurs, eux, sont Valaisans, comme le matériel. Ils sont douchés plusieurs fois par l’appareil, qui enchaîne les rotations et varie les techniques d’approche. Au total, 32 sapeurs-pompiers participent à cet exercice qui met fin à deux jours de formation à la lutte contre les feux de forêt à Eyholz, sur les hauts de Viège, dans le Haut-Valais. Pour le commandant bernois Christian Bieri, «la coopération fonctionne bien et nous sommes prêts pour des engagements réels». Seule remarque négative du responsable de ce cours: à un moment, des demandes contradictoires ont été transmises au pilote.

«Nous travaillons régulièrement et depuis longtemps avec les pompiers valaisans, parce que nous utilisons les mêmes techniques d’intervention et parce que la topographie du Haut-Valais ressemble à celle de l’Oberland», explique Peter Frick, inspecteur des sapeurs-pompiers bernois. Certains des hommes qui s’entraînent à Eyholz ce vendredi étaient intervenus à Bitsch, toujours dans le Haut-Valais, en juillet 2023. Il avait fallu 19 jours pour éteindre définitivement cet incendie qui a détruit 310 hectares de forêt. L’exercice a lieu pour la troisième fois cette année. Particulièrement sec, le site est très proche de celui de l’incendie de 2011, qui avait débuté dans une carrosserie avant de ravager 110 hectares boisés. Pour la cheffe du Service valaisan de la sécurité civile et militaire, Marie Claude Noth-Ecoeur, «le Valais et le Tessin sont parmi les cantons qui ont le plus souffert des feux de forêt ces dernières décennies».