
Alors qu’un projet de nouveau pavillon à l’Assemblée nationale fait polémique, Stéphane Bern a choisi de rejoindre les opposants au chantier estimé à 50 millions d’euros. Le défenseur du patrimoine dénonce une construction qui, selon lui, risquerait de dénaturer la perspective historique de la place de la Concorde.
C’est un projet architectural qui continue de susciter la polémique, au-delà des bancs de l’Assemblée nationale. Depuis quelques jours, des personnalités aux sensibilités politiques très différentes se retrouvent pour dénoncer un chantier estimé à près de 50 millions d’euros. Parmi elles : Ségolène Royal, JoeyStarr, Nicolas Dupont-Aignan… mais aussi Stéphane Bern, fervent défenseur du patrimoine français. À l’origine de cette controverse, un projet porté en 2023 par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Celui-ci prévoit la création d’un nouveau pavillon destiné à accueillir les visiteurs du Palais Bourbon, dont la fréquentation est en constante augmentation. Selon les premières esquisses dévoilées, cette nouvelle structure viendrait remplacer un bâtiment datant du XIXe siècle situé aux abords de la célèbre colonnade de l’Assemblée, avec une architecture largement tournée vers le verre.
Une perspective qui a rapidement divisé. La publication, le 3 août dernier, d’une vidéo de l’association « Sites et Monuments » a ravivé les critiques autour de ce projet. Les oppositions viennent de plusieurs horizons politiques, certains dénonçant un projet jugé trop coûteux et susceptible de dénaturer un site emblématique de la capitale. À la mi-juillet, la majorité municipale dirigée par Emmanuel Grégoire a validé une révision permettant de rendre le projet conforme aux règles d’urbanisme. La mairie assure toutefois que le futur pavillon respecterait l’environnement architectural existant et les exigences liées à la préservation du patrimoine. Une argumentation qui ne convainc pas Stéphane Bern. L’animateur, passionné d’histoire et engagé depuis plusieurs années dans la sauvegarde du patrimoine, a rejoint les signataires d’une pétition lancée contre le projet. Sur son compte X, ce jeudi 6 août, il a expliqué : « J’ai signé la pétition contre ce projet qui enlaidirait la perspective de la place de la Concorde avec la parfaite harmonie de ses Monuments historiques ! »
À droite comme à gauche, les personnalités politiques s’insurgent contre le projet de Yaël Braun-Pivet
La contestation prend désormais une ampleur nationale. Sur les réseaux sociaux, Ségolène Royal a vivement critiqué l’utilisation de fonds publics pour ce chantier, estimant que « cette débauche d’argent public est en effet scandaleuse et doit cesser ». De son côté, Rachida Dati a dénoncé une atteinte au patrimoine, qualifiant le projet de « destruction patrimoniale » insupportable. L’extrême droite dénonce notamment ce qu’elle considère comme un projet inutile et coûteux porté par Yaël Braun-Pivet.
Le dossier n’est toutefois pas encore définitivement validé. Avant un éventuel lancement des travaux, le projet doit encore recevoir l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France ainsi que celui de la Commission locale du site patrimonial remarquable. Une enquête publique devra ensuite être organisée. Ce n’est qu’à l’issue de ces différentes étapes que le préfet pourra donner son accord final et permettre le dépôt d’un nouveau permis de construire. En attendant, les défenseurs du patrimoine entendent bien continuer à faire entendre leur voix pour préserver l’un des paysages monumentaux les plus emblématiques de Paris.