Se libérer de la formation de Marie Howet
Mais retournons aux sources du travail de l’artiste et ses premiers tableaux en suivant les cours de Marie Howet avec quelques peintures expressionnistes. « Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas du tout mon plaisir, se rappelle-t-il. Et je dois avouer que j’en avais soupé de peindre le panorama de Frahan. Je m’en suis rendu compte quand j’étais été peintre avec un ami à cet endroit. J’ai stylisé le paysage (NDLR: une peinture à voir) et j’ai senti que c’était cette manière de faire qui allait être mon plaisir. »
L’artiste se lance alors dans du surréalisme et son regard sur ses peintures confirme son attachement à ces œuvres. « Marie Howet est venue voir une de mes expositions et m’a félicité en me disant qu’on me reprochait souvent de peindre comme elle et que j’avais trouvé ma voie personnelle, se remémore-t-il encore. Puis elle est revenue vers moi peu après en me faisant remarquer que ce n’est pas comme cela qu’elle m’avait appris à peindre. En cela Marie Howet était pénible. Et j’ai voulu dire non à cette peinture. »
La couleur avant de partir au Pérou
Se libérant de cela, Willoos change de cap et la couleur vient envahir ses œuvres avec notamment des peintures de boîtes de cola comme Warhol peignait les boîtes de soupe. Ce goût pour les couleurs vives va le suivre lors de ses trois ans au Pérou. « Quand je me suis retrouvé dans les rues de Lima, j’ai eu l’impression d’être dans mes tableaux avec toutes ces maisons colorées, sourit-il. Mais certains tableaux sont plus pastel car le ciel de Lima est souvent blanc et change donc la couleur des paysages. »
L’artiste nous envoie ensuite en Algérie, retrouve l’Ardenne avec l’arrivée de personnages sur ses toiles. On pourrait y découvrir des membres de sa famille. Avec, en constante, des regards inquiets ou inquiétants. Peu après, on pourra même retrouver deux regards sur Bastogne, l’un très célèbre, l’autre un peu moins. « Je travaille toujours en réalisant des croquis, précise Willoos. Pour ce travail, je me suis posté en face de l’hôtel de ville et puis j’ai retravaillé cela à la maison. La peinture, c’est vraiment un travail magique. Ce que j’ai, c’est que c’est un travail manuel, une volonté de trouver l’équilibre. Mais moi, je cherche avant tout la liberté quand je peins. Je ne vois pas ce que ce sera le tableau avant de le débuter. La création d’un tableau, c’est une découverte, c’est une véritable aventure. »
Et du haut de ses 80 ans, Willoos ne compte pas ranger ses pinceaux de sitôt.