
Par Donatella Ruolo
Publié le 08 août à 19h43
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Tout l’été, RTL info met à l’honneur des Belges qui donnent de leur temps pour les autres. Sandrine et Sébastien en font partie. Depuis cinq ans, ils entraînent bénévolement des personnes atteintes d’un cancer à la course à pied. Leur objectif : leur permettre de retrouver confiance, de reprendre une activité physique et, pour beaucoup, de franchir la ligne d’arrivée des 20 km de Bruxelles. Notre journaliste Julie Duynstee les a rencontrés.
« C’est une reconnaissance extraordinaire. » Voir leurs coureurs franchir la ligne d’arrivée des 20 km de Bruxelles est, pour Sandrine et Sébastien, une récompense inestimable. « C’est tellement d’émotion, c’est tellement d’amour, c’est difficile à expliquer. »
« Quel projet ! »
Deux fois par semaine, le couple donne rendez-vous à un groupe de personnes atteintes d’un cancer à l’orée de la forêt de Soignes pour une séance d’entraînement. Kinésithérapeute depuis plus de trente ans à l’Institut Jules Bordet, spécialisé en oncologie, Sandrine a lancé ce projet après avoir été encouragée par un médecin.
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« Je suis revenue à la maison en me disant : quel projet ! Ça me tentait bien. Mais seule, ce n’était pas possible. Comme j’ai la chance de courir avec mon mari, je lui ai proposé de courir avec moi. Et directement, il a enchaîné », raconte-t-elle. Pour elle, le sport fait désormais partie intégrante de la prise en charge des patients : « Un des plus gros effets secondaires des traitements contre le cancer, c’est la fatigue. Et pour s’éloigner de cette fatigue, ça paraît dingue, mais il faut faire du sport. »
Un accompagnement adapté à chacun
Depuis cinq ans, Sandrine et Sébastien encadrent bénévolement les participants du projet baptisé Impulsion. Le groupe compte aujourd’hui 75 membres, âgés en moyenne d’une cinquantaine d’années, avec des profils et des niveaux très variés. « C’est ça qui est formidable avec ce groupe, c’est qu’on arrive à avoir une unité avec des gens qui sont à des niveaux différents », explique Sébastien.
Les entraînements sont entièrement personnalisés. « Il y a énormément de personnes qui n’ont jamais couru. On commence vraiment à la base », souligne Sandrine. Son mari ajoute : « On adapte en fonction de chaque coureur, de son état de santé. Il y a des gens qui sont en chimiothérapie et qui seront mieux dans deux semaines. On s’adapte vraiment à chacun. »
Courir pour se reconstruire
Pour Aline, touchée par un cancer du sein, ces entraînements ont joué un rôle essentiel dans sa reconstruction. « J’ai l’impression que ça m’apporte de la force, que ça me permet d’avancer, de me reconstruire et de me sentir bien », témoigne-t-elle.
On a l’impression qu’on peut tout faire avec euxSylvie, Participante
Sylvie, présente depuis les débuts du projet, souligne quant à elle l’importance du groupe. « On ne parle pas de nos cancers tout le temps, mais on sait que la personne à côté de nous a vécu le même genre d’expérience. Ça crée un lien qu’on n’a pas nécessairement avec d’autres. »
Défi relevé pour 95 % des participants
Avant de s’attaquer aux 20 km de Bruxelles, les coureurs participent à des épreuves plus courtes afin de progresser étape par étape. Les résultats sont impressionnants : environ 95 % des participants franchissent la ligne d’arrivée des 20 km.
« Ça n’a pas été facile. J’ai ressenti une immense fierté quand j’ai passé cette ligne d’arrivée », raconte Aline. « Se dire qu’on arrive à 95 % de réussite avec des personnes qui ont eu un cancer, qui sont encore en traitement ou qui viennent juste de terminer, c’est énorme », souligne Sandrine. Pour les participants, Sandrine et Sébastien sont bien plus que des entraîneurs. « Ils nous poussent, ils nous tirent. On a l’impression qu’on peut tout faire avec eux », résume Sylvie. « C’est un duo de choc. C’est un souffle d’énergie en permanence », conclut Aline.