Israël est le pays qui recense le taux de fécondité le plus élevé de l’OCDE, avec en moyenne 2,8 enfants par femme. La fécondation in vitro (FIV) – et la congélation d’embryons – sont largement soutenues par l’Etat.
« L’Etat d’Israël finance les traitements de fécondation in vitro, et pas seulement un cycle ou deux, mais aussi toute une série de traitements. C’est unique au monde. Un couple, même s’il n’a pas beaucoup d’argent, peut tout de même y accéder », détaille Yoni Cohen, directeur de la clinique de fertilité de l’hôpital public de Tel-Aviv.
Les FIV jusqu’à 45 ans sont prises en charge par l’Etat. Les congélations d’ovocytes, elles, ne le sont pas, à moins qu’une complication médicale chez la patiente ait été identifiée. « C’est l’un des changements majeurs de la dernière décennie. Beaucoup de femmes décident de congeler des ovocytes. Ça représente environ 40% de nos traitements », précise Yoni Cohen.
« Intérêt démographique »
Utilisées massivement depuis déjà plusieurs décennies, ces technologies de reproduction ne suscitent presque aucun débat en Israël, souligne Daphna Birenbaum-Carmeli, chercheuse à l’Université de Haïfa. « Ces procédures sont largement normalisées. Quel que soit le secteur religieux, le niveau d’éducation ou le niveau de religiosité, il y a vraiment très peu de critiques de la technologie ou de la politique », explique-t-elle.
L’Etat est beaucoup plus proactif quand il s’agit de mettre au monde des enfants, et en particulier des enfants juifs, que quand il s’agit de s’occuper d’eux
Daphna Birenbaum-Carmeli, chercheuse à l’Université de Haïfa
La chercheuse pointe toutefois la pression que cette politique induit. « Ça envoie le message que les femmes doivent faire tout ce qui est en leur possible pour concevoir. » Selon elle, plusieurs raisons poussent l’Etat israélien à une telle politique. Il y a d’abord le trauma de l’Holocauste et le commandement biblique disant « Soyez féconds et multipliez-vous ».
« Il y a aussi l’intérêt démographique de l’Etat à agrandir sa population », soulève la chercheuse. « Mais l’Etat est beaucoup plus proactif quand il s’agit de mettre au monde des enfants, et en particulier des enfants juifs, que quand il s’agit de s’occuper d’eux. Il y a un taux de pauvreté infantile énorme en Israël. Donc pour résumer, c’est un Etat pro-nataliste et non pro-enfance », conclut Daphna Birenbaum-Carmeli.
>> Ecouter le reportage de Tout un monde : Israel, quand l’Etat soutient les FIV (Série natalité, Ep.3) / Tout un monde / 5 min. / mercredi à 08:14