Près de 4000 personnes ont dû être secourues en montagne en Suisse l’an dernier, un record. Au-delà des accidents, les sauveteurs interviennent régulièrement pour des personnes épuisées ou bloquées. Une tendance que les professionnels associent notamment à l’influence des réseaux sociaux.
En juillet dernier, deux grimpeurs se retrouvent bloqués sur une paroi. Partis pour ce qu’ils pensaient être une ascension rapide, ils voient les heures défiler et leurs forces diminuer. Comprenant qu’ils ne pourront pas terminer leur parcours avant la nuit, ils appellent les secours, qui viennent les chercher vers 18h.
« Ils ont un peu surestimé leurs forces. Ils pensaient faire une petite longueur vite fait et ça a pris beaucoup plus de temps que prévu », raconte Mathieu Lambert, responsable opérationnel du service sauvetage d’Air-Glaciers. Les deux grimpeurs sont finalement repérés puis transportés jusqu’à une cabane.
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En haute montagne, l’épuisement est la première cause d’évacuation / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 L’épuisement, première cause de sauvetage
Ce type d’intervention est loin d’être exceptionnel. Selon une étude du Club alpin suisse, le blocage – lié au changement de météo, au vertige, au matériel défectueux ou encore à la panique – et l’épuisement constituent même la première cause de sauvetage en haute montagne. Et le phénomène ne concerne pas uniquement les alpinistes expérimentés: des randonneurs ou des familles peuvent également se retrouver en difficulté sur des itinéraires qui dépassent leurs capacités.
Pour les sauveteurs, les réseaux sociaux jouent aussi un rôle. Les images de paysages spectaculaires donnent envie de rejoindre des lieux parfois difficiles d’accès. « Il y a beaucoup de gens qui parlent de magnifiques endroits: venez visiter là. Et il y a des gens qui ne sont pas tout à fait prêts à monter si haut et aller si loin dans la difficulté. Ça finit en évacuation », constate Mathieu Lambert.
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Mieux préparer sa sortie et savoir renoncer
La surestimation de ses capacités est au cœur du problème, estime également Pierre Mathey, secrétaire général de l’Association suisse des guides de montagne. « La surévaluation des capacités est un problème de société », affirme-t-il. Pour y répondre, il mise d’abord sur la responsabilisation: « Il faut informer, il faut des messages de prévention clairs, accessibles à tous ».
Les professionnels rappellent cinq règles essentielles avant de partir: consulter les prévisions météorologiques, disposer d’un équipement adapté, s’entraîner suffisamment, faire appel à des professionnels lorsque cela est nécessaire et surtout savoir renoncer en cas de doute. Une préparation qui peut éviter qu’une excursion ne se termine par l’intervention d’un hélicoptère.
Sujet TV: Claudine Gaillard Torrent
Adaptation web: Raphaël Dubois