Très ancrée à Genève, l’Association suisse des assurés a fait l’objet d’un putsch orchestré par le conseiller aux Etats Mauro Poggia début août. Lors d’une précédente AG, l’ancienne équipe avait composé le 117 avec comme objectif de le faire expulser de la salle, a appris la RTS.

Les instances dirigeantes de l’Association suisse des assurés (ASSUAS) ont été entièrement renouvelées début août, indique ce lundi la Tribune de Genève, précisant que l’ancien conseiller d’État genevois en charge de la Santé et actuel conseiller aux États Mauro Poggia l’a emporté sur l’avocat genevois Romain Jordan, qui briguait un nouveau mandat à la présidence.

En juin, lors d’une précédente assemblée générale, Mauro Poggia avait toutefois reçu un courrier lui signifiant qu’il n’était plus membre, alors qu’il avait déjà présidé cette association des assurés pendant 15 ans. Il indique à la RTS avoir été averti que s’il se présentait à cette AG, les forces de l’ordre seraient appelées. C’est ce qu’il s’est passé, mais « la police a vite compris que ce n’était pas de leur rayon et avec beaucoup de bon sens elle a quitté les lieux », selon Mauro Poggia.

Finalement, le comité n’a pas été réélu ce soir-là. Une nouvelle élection a donc dû avoir lieu début août, et c’est à ce moment que Mauro Poggia a été nommé président, aux côtés entre autres du socialiste Pierre-Yves Maillard.

Opposition à une révolution

Membre de l’ancien comité, le conseiller national UDC Thomas Bläsi estime que Mauro Poggia voulait faire la révolution en médiatisant davantage l’association, au risque de la politiser comme à ses débuts et en voulant licencier le secrétaire général.

Selon Thomas Bläsi, l’ancienne équipe n’avait rien contre la venue au comité de Mauro Poggia. Mais, dans un premier temps en tout cas, comme membre et pas comme président. Insuffisant aux yeux du sénateur, qui souhaite faire cette activité bénévole de la manière dont il l’entend, indique-t-il à la RTS. « Ce qu’on m’a proposé, c’est de représenter l’ASSUAS à Berne, donc de porter les valises de quelqu’un d’autre », développe-t-il.

Participer au débat politique

Sur le fond, Mauro Poggia confirme son ambition de faire de l’association des assurés un acteur du débat politique et pas seulement une permanence juridique pour les assurés. Aujourd’hui, sur les grandes questions de santé, il y a la voix de l’organisation suisse des patients, mais tous les assurés ne sont pas des patients et leur voix compte aussi.

Quant au second grief, celui de vouloir évincer le secrétaire général, voici ce qu’en dit Mauro Poggia: « Il avait tellement mauvaise conscience du travail qu’il avait fait, qu’il a déduit de lui-même qu’il ne resterait pas si j’étais président. »

Le principal intéressé est Jean-Paul Derouette, notoirement en conflit avec Mauro Poggia depuis son exclusion du MCG en 2019. Il répond en défendant un bilan. L’association des assurés est reconnue d’utilité publique. Elle a conclu un mandat avec l’hospice général. Obtenu des subventions du canton, 60’000 francs de dons en deux ans et des comptes approuvés à l’unanimité par l’assemblée générale de juin dernier.

Romain Carrupt/Anouk Pernet/lia