A Monthey (VS), pour parfaire leur engagement, des pompiers volontaires dorment en caserne durant leurs gardes, une première en Suisse romande. Encore en phase de test, ce système vise à améliorer le système de milice face aux défis toujours plus importants relevés par les pompiers.

Depuis cet été, certains pompiers volontaires de Monthey doivent passer deux jours par mois à la caserne dans le cadre d’un projet pilote, un changement plutôt bien perçu par les principaux intéressés.

« Sur le plan de la cohésion d’équipe, c’est sympa, ça amène une chouette ambiance », a témoigné Nicolas Morisod, pompier volontaire au Centre de secours et incendie (CSI) Chablais-VS, lundi dans le 19h30 de la RTS.

« Avant, quand on était de piquet, on était de toute façon bloqué à la maison et on ne pouvait rien faire. On devait attendre l’alarme. Alors autant être en caserne 24 heures, faire nos alarmes s’il y en a, et quand ces 24 heures sont terminées, retourner à nos occupations en toute liberté », abonde Gabriel Perruchoud, pompier volontaire lui aussi.

« On gagne énormément de temps d’intervention »

L’objectif est clair: gagner en efficacité. « Déjà, le pompier a la tête aux pompiers. Il n’est pas en train d’être avec ses enfants, d’être au travail », se félicite Glenn Martignier, le commandant du CSI Chablais-VS. « Le deuxième avantage est qu’on gagne énormément de temps d’intervention. C’est ce qu’on cherche à avoir. Les dix minutes qu’on prenait pour partir de la maison, arriver en caserne, s’habiller, monter dans un camion et partir, eh bien maintenant, en moins de deux minutes, les camions sortent. »

Avec davantage de pompiers dans les casernes, le modèle tend petit à petit vers une professionnalisation de la profession. Car dans les petites communes, le système de milice est aujourd’hui confronté à plusieurs défis: la disponibilité des miliciens pendant la journée, ainsi que la complexité croissante des interventions.

« La structure de pompiers de milice est pertinente, mais date d’un temps où on n’avait que deux matériaux dans les bâtiments: du bois et de la pierre », constate le président d’Arbaz Jean-Michel Bonvin, pour qui les cas les plus récents montrent que les incendies sont désormais plus épineux.

Faire des émules

L’expérimentation de la caserne de Monthey pourrait faire des émules ailleurs en Valais. « Au vu des résultats obtenus à ce jour, l’Office cantonal du feu trouve que c’est une excellente opportunité de tester un autre système et de redynamiser le travail de la milice, à savoir les volontaires », a réagi l’instance auprès de la RTS.

Si la structure de milice a fait ses preuves, le système reste aujourd’hui questionné. Ainsi, en Valais, le nombre de pompiers volontaires est en recul de 20% sur ces dix dernières années.

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Sujet TV: Camille Lanci, Cédric Jordan, Raphaël Grand

Adaptation web: Vincent Cherpillod