Où et comment seront logés les 35 personnes qui ont perdu leur appartement dans l’incendie d’Aigle, survenu la semaine passée ? La majorité avait trouvé de quoi passer quelques jours chez des amis ou de la famille. Mais passé l’urgence, à Aigle comme ailleurs, le relogement plus pérenne peut se révéler compliqué.

Ni les propriétaires ni les communes n’ont l’obligation de proposer un logement aux victimes de l’incendie. Ce sont aux personnes elle-même de faire les démarches.

Du côté de la Chambre vaudoise immobilière, Alessandra Reinhard explique dans La Matinale qu’il n’y a en effet pas de base légale contraignant les propriétaires ou les gérances à reloger leurs locataires.

Celles et ceux dont l’appartement aurait été détruit par les flammes n’ont pas non plus la priorité face à d’autres personnes en recherche d’appartement. La juriste l’assure néanmoins: les logeurs sont sensibles à ce genre de situations.

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Solidarité, oui mais

Une solidarité bienvenue, selon Christian Dandrès, membre du comité de l’ASLOCA Suisse. Mais qui ne suffit pas. Pour lui, il faut aussi « des mécanismes catastrophe », afin de « reloger à moyenne échéance beaucoup de personnes ».

Par ailleurs, les conditions de relogement relèvent pour lui d’un aspect central: « Si vous êtes dans un appartement avec un loyer d’il y a quelques décennies, beaucoup plus bas que le niveau du marché, mais que vous n’avez pas les moyens de payer les niveaux stratosphériques qui sont atteints aujourd’hui, là, il va y avoir un problème », dit-il dans La Matinale.

« Je pense qu’on doit sortir aujourd’hui de cette pure logique de solidarité pour mettre en place un mécanisme qui soit beaucoup plus efficace », poursuit-il.

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En terme financier enfin, l’Etablissement cantonal d’assurance qui s’occupe justement des dommages en cas d’incendie et éléments naturels – l’ECA – rappelle qu’il existe une couverture complémentaire pour « choses spéciales et frais » qui rembourse justement les logements d’urgence en cas d’incendie ainsi qu’une partie du nouvel appartement s’il coûte plus cher que le précédent.

Une grande partie des gens possèdent cette couverture, selon l’expert ECA Thomas Innocenti. Dans le district d’Aigle, 96% des personnes y ont souscrit.

Diana-Alice Ramsauer/lia