Depuis la votation du mois de mars, les entreprises genevoises peuvent rémunérer les étudiants en dessous du salaire minimum cantonal pour certains jobs d’été. L’Union maraîchère de Genève (UMG) et Migros Genève ont notamment saisi cette opportunité. Elles affirment avoir pu recruter davantage de jeunes, alors que les syndicats dénoncent une baisse de revenus pour les étudiants. 

Chez l’UMG et Migros Genève, les jobs d’été sont payés cette année 18,44 francs bruts par heure, alors que le salaire minimum cantonal s’élève à 24,59 francs. Cela représente un manque à gagner d’environ 6 francs par heure pour les jeunes.

Pour l’UMG, cette baisse de rémunération a toutefois permis de recréer des emplois qui avaient tendance à disparaître. L’entreprise engage cette année une vingtaine de jeunes, contre une dizaine l’an dernier. 

Pour son directeur général Xavier Patry, cette mesure représente un véritable soulagement. Interrogé dans La Matinale, il souligne: « A Genève, on a les coûts de production pour notre activité qui sont les plus chers au monde. Donc si on ne paie pas plus nos collaborateurs, ce n’est pas qu’on n’a pas envie ou qu’on ne le mérite pas, c’est juste qu’on n’est pas compétitifs par rapport à nos collègues des autres cantons. »

>> Regarder aussi le sujet du 19h30 : À Genève, certains jobs d'été sont moins bien rémunérés à la suite d’une votation À Genève, certains jobs d’été sont moins bien rémunérés à la suite d’une votation / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 Syndicats remontés

L’objectif avancé par les partisans de la mesure était notamment de permettre aux entreprises de continuer à proposer des jobs d’été, alors que certaines estimaient ne plus pouvoir recruter au salaire minimum genevois.

Migros Genève assure avoir engagé 19 jeunes cet été, alors qu’aucun étudiant n’avait été recruté durant les deux années précédentes.

La réforme ne fait toutefois pas l’unanimité. Les syndicats s’étaient opposés au texte. « Ce qu’on peut regretter, c’est que ce soient des grands employeurs, des entreprises qui ont les moyens, qui profitent de cet effet d’aubaine », déplore Balmain Badel, responsable du secteur tertiaire chez Unia Genève.

De son côté, la CUAE, le syndicat étudiant de l’Université de Genève, craint une hausse de la précarité. « On estime qu’il y aura une augmentation de demandes de bourses, d’exonération des taxes d’études, parce que ce sont des personnes qui auront moins de revenus », explique Zora Holzer, secrétaire permanente.

Pas de baisse partout

Toutes les entreprises ne recourent toutefois pas à la nouvelle dérogation. La Ville de Genève et Coop continuent notamment d’appliquer le salaire minimum cantonal à leurs jobs d’été.

Reste donc à savoir si la réforme aura effectivement permis de créer davantage d’emplois étudiants à l’échelle du canton. Pour l’instant, il est trop tôt pour dresser un bilan global. La Fédération des entreprises romandes (FER Genève) ne dispose pas encore de données consolidées.

Guillaume Martinez