Autrefois sujets à des craintes et des superstitions infondées, les grands rapaces sont de retour dans les Alpes suisses. Leur conservation est le fruit d’importants efforts de protection.

Autrefois persécutés et presque éteints en Suisse, les grands rapaces ont aujourd’hui retrouvé leur place dans le ciel suisse, grâce à d’importants efforts de conservation, de collaboration et de résilience.

Le retour de ces oiseaux, parmi lesquels le milan royal, le gypaète barbu et la chouette effraie, est essentiel pour plusieurs raisons. Ils sont des sentinelles de la biodiversité; leur présence témoigne d’un écosystème sain. Ils régulent également les populations de nombreux rongeurs. Enfin, ils débarrassent les montagnes des carcasses d’animaux, prévenant la propagation des maladies.

Comme le montre un documentaire récemment publié par la Radio télévision de la Suisse italienne (RSI), en Suisse, ces oiseaux sont les protagonistes d’une véritable renaissance, qui raconte bien plus qu’un succès scientifique. C’est l’histoire de femmes et d’hommes qui consacrent leur temps, leur expertise et leur passion à la conservation de la nature.

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Du milan royal au gypaète barbu

Le milan royal en est un parfait exemple. Dans le canton de Fribourg, biologistes et bénévoles œuvrent à la conservation de l’espèce. Ce canton, qui abrite notamment l’une des plus fortes densités de milans royaux au monde, est à ce titre un garant de la conservation de cette espèce au niveau international.

Un milan royal. [Bridgeman Images via AFP] Un milan royal. [Bridgeman Images via AFP]

Pour ce faire, les chercheurs et chercheuses étudient et suivent régulièrement l’évolution des populations de milans royaux et collectent de jeunes individus en vue de projets de réintroduction en Italie, où cet oiseau avait disparu depuis plus d’un siècle. Opération délicate, mais couronnée de succès, puisqu’elle contribue à la conservation du milan royal dans toute l’Europe.

Un mâle gypaète barbu. [Keystone] Un mâle gypaète barbu. [Keystone]

Un autre exemple où la Suisse joue un rôle clé est sans aucun doute le retour du gypaète barbu. Il s’agit, là aussi, d’une histoire de conservation réussie. Initiée en 1991 avec la réintroduction de quelques spécimens dans le Parc national suisse, l’engagement constant des défenseurs et défenseuses de l’environnement a permis un repeuplement de l’espèce dans les Alpes suisses.

Pas si effrayant

Les efforts déployés par la Suisse pour protéger ces oiseaux sont également manifestes dans la protection de la chouette effraie, un oiseau de proie nocturne que l’on ne trouve qu’au nord des Alpes. Un groupe de recherche de l’Université de Lausanne y est même dédié.

Des jeunes chouettes effraie. [AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN] Des jeunes chouettes effraie. [AFP – JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN]

Cet animal élégant, reconnaissable à son disque facial en forme de cœur, aux parties blanches de son plumage et à ses mœurs strictement nocturnes, a fait l’objet de nombreuses superstitions par le passé. Celles-ci étaient alimentées non seulement par ses habitudes nocturnes et son apparence, mais aussi par ses étranges sifflements.

Une Chouette effraie (Tyto alba) ou Effraie des clochers est photographiée le lundi 29 aout 2022 à Daillens. [KEYSTONE - LAURENT GILLIERON] Une chouette effraie (Tyto alba) ou effraie des clochers est photographiée le lundi 29 aout 2022 à Daillens. [KEYSTONE – LAURENT GILLIERON]

Les recherches menées au fil des ans par l’équipe de recherche lausannoise, qui bénéficie également de nombreuses collaborations nationales et internationales, ont permis d’approfondir les connaissances sur cette espèce fascinante et de dissiper les craintes liées à des idées reçues. Elles ont ainsi contribué à la conservation de cet oiseau remarquable.

Les chouettes pour la paix

Parmi les différentes activités liées à la conservation de la chouette effraie menées par l’Université de Lausanne, il convient de mentionner le projet « Les chouettes pour la paix », une initiative internationale qui allie conservation de la nature et diplomatie scientifique.

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Ce projet a été lancé au Moyen-Orient (Israël, Jordanie et Autorité palestinienne) afin de rassembler des communautés potentiellement conflictuelles autour d’un défi environnemental commun et neutre. L’idée est que la collaboration en faveur de la nature peut instaurer la confiance, le dialogue et la coopération, en transcendant les tensions politiques. Et par les temps qui courent, c’est un véritable tour de force.

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Sujet original: Christian Bernasconi (RSI), rédacteur en chef de l’émission le Jardin d’Albert

Adaptation française: Julien Furrer (RTS)