Le président de la Confédération Guy Parmelin a expliqué mardi devant les médias les raisons pour lesquelles le Conseil fédéral s’oppose à l’initiative sur l’alimentation, en votation le 27 septembre. Un texte qui, selon lui, vise trop haut et va trop vite, en voulant faire augmenter de moitié le taux d’auto-approvisonnement en seulement dix ans, avec une production avant tout végétale.

Un oui à l’initiative impliquerait une diminution importante de la consommation de viande et d’œuf, a déclaré le chef du Département fédéral de l’économie. Les autorités devraient ainsi intervenir massivement dans les choix alimentaires des consommateurs. Le Conseil fédéral estime qu’une telle restriction de la liberté de choix n’est «ni souhaitable ni surtout proportionnée».

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Et le Vaudois de prendre son exemple, comme le lui demandait un journaliste. «J’ai la chance d’aimer les fruits et les légumes et ma femme veille à ce que j’en mange régulièrement. Cela ne m’empêche pas de manger aussi une bonne saucisse de St-Gall ou une bonne pièce de viande. Les citoyens sont suffisamment conscients pour équilibrer leur alimentation».

Une transformation aussi rapide, en 10 ans selon l’initiative, risquerait aussi de rendre des investissements agricoles obsolètes avant même qu’ils ne puissent être amortis, ajoute Guy Parmelin. Certains ont besoin de 20 ou 30 ans pour ce faire. Un oui à l’initiative engendrerait des coûts de soutien importants pour les finances fédérales.

La Politique agricole 2030 offrirait une évolution plus progressive et plus réaliste

Selon Guy Parmelin, les préoccupations légitimes des initiants peuvent être atteintes par une voie plus réaliste et pragmatique qui laisse suffisamment de temps aux agriculteurs pour s’adapter. Et de citer l’évolution plus progressive qu’offre la Politique agricole 2030, en voie de préparation, car «elle tient compte des réalités économiques, sociales et régionales de notre pays», a dit Guy Parmelin.

La nouvelle Politique agricole, qu’il ne faut cependant pas voir comme un contre-projet à cette initiative, implique toute la chaîne, pas que la production comme précédemment, mais aussi la transformation, la distribution et les consommateurs, a souligné Guy Parmelin. Et le Parlement a aussi imposé d’y intégrer les notions de protection de l’environnement, de biodiversité ou d’ordre social, a complété Christian Hofer, directeur de l’Office fédéral de l’agriculture.

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La Suisse reste un pays pour ruminants, selon Guy Parmelin

Selon le président de la Confédération, l’évolution de la consommation se fait déjà, parallèlement et naturellement. Mais «nous restons un pays de collines et d’alpages. Les meilleurs animaux pour mettre en valeur ces régions restent les ruminants. Ce n’est ni vous ni moi qui allons brouter l’herbe de nos pâturages».

L’initiative «Pour une alimentation sûre – grâce au renforcement d’une production indigène durable, à davantage d’aliments d’origine végétale et à une eau potable propre (initiative sur l’alimentation)» exige un taux d’autosuffisance de 70% au moins d’ici dix ans. Cet objectif doit être atteint grâce à une culture accrue d’aliments d’origine végétale.

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Le taux d’autosuffisance est aujourd’hui de 45% environ. La Politique agricole prévoit un objectif de 50%. Le faire passer à au moins 70%, soit une augmentation de près de moitié, aurait, selon le Conseil fédéral, des conséquences imprévisibles. Par exemple un amateur de viande qui n’en trouverait plus assez irait s’approvisionner à l’étranger s’il habite non loin de la frontière, comme beaucoup de Suisses. Un autogoal pour les initiants, a dit Guy Parmelin.