Sans faire injure aux deux monstres sacrés Superman et Batman, on dit souvent que Spider-Man occupe une place particulière dans le cœur des fans de super-héros et plus largement des petits ou grands enfants. Le succès actuel démesuré de Brand New Day, qui fonce tout droit vers les deux milliards de recettes en salles en deux semaines, en atteste. Plus que n’importe lequel de ses camarades aux capacités surhumaines, Peter Parker est le héros du peuple.
Il est le petit gars du quartier, celui auquel tout un chacun peut s’identifier. Un orphelin rongé par la mort de son oncle et un garçon peu sociable que l’on voit timidement évoluer à l’école. Quand il ne combat pas le crime, ses préoccupations et ses problèmes d’adolescents, puis d’adulte, en font un homme normal. Depuis sa première apparition dans les comics de Stan Lee et Steve Ditko en 1962, Spider-Man a eu droit à une flopée d’adaptations sur petit et grand écran.
Spider-Man : une première vie à la télé
De la pionnière L’Araignée à Spider-Man, en passant par la célèbre Spider-Man, l’homme-araignée, Ultimate Spider-Man, ou la dernière née Votre fidèle serviteur Spider-Man : depuis la fin des années 1960, Peter Parker fait d’abord rêver les plus jeunes dans d’innombrables série d’animation. Nicholas Hammond est quant à lui le premier à l’incarner en prise de vues réelles dans la série The Amazing Spider-Man (1977-1979), auxquelles s’ajoutent une série japonaise et une émission pour enfants.
Spider-Man, Spider-Man 2, Spider-Man 3 (2002-2007) : la vision de Sam Raimi et le monsieur Tout-le-Monde Tobey Maguire
Certains épisodes remontés sortiront même au cinéma. Mais le premier à s’être vraiment glissé sous l’inconfortable costume bleu et rouge en salles est bien sûr Tobey Maguire. Malgré une conclusion en demi-teinte car trop fouillie, les trois volets de Sam Raimi demeurent la référence. Sommet du genre, Spider-Man 2 se dispute même la palme du meilleur film de super-héros avec The Dark Knight, Superman, ou Avengers.
À une époque où cette mode ne faisait que commencer, le cinéaste américain a prouvé que les personnages de comics pouvaient en avoir sous le costume. Sa créativité folle à la mise en scène de scénarios soignés inscrit sa trilogie dans une démarche dépassant largement le simple produit de masse. Les séquences de voltige sont épatantes, les ralentis pour une fois utilisés à bon escient, et la constante dualité du jeune homme parfaitement racontée.
Que dire de cette scène du second volet où Spider-Man arrête un train à la force de ses toiles et de ses bras devant un foule de passagers new-yorkais reconnaissants. Face aux géniaux Bouffon vert (Willem Dafoe) et Docteur Octopus (Alfred Molina), Tobey Maguire – parfaitement entouré – incarne à merveille un héros humain, un poil nigaud, presque drôle malgré lui. L’évolution de son personnage est un bijou d’intelligence scénaristique.
The Amazing Spider-Man, The Amazing Spider-Man : le destin d’un héros (2012-2014) : tragique romance d’un impétueux Andrew Garfield
Cinq ans après les adieux de Tobey Maguire, le tisseur de toiles fait son retour au cinéma en 2012 sous les traits d’un Andrew Garfield plus fougueux et amusant. Il est un autre Peter Parker, mon préféré si vous me demandez. Le jeune homme est toujours timide et peu sûr de lui, mais fait preuve de plus de caractère et de malice. Il est moins renfrogné et plus attachant.
Visuellement bien en deçà de la première saga, The Amazing Spider-Man et sa suite beaucoup moins convaincante pâtissent d’antagonistes faiblards dans un script moins rodé. Le héros n’en reste pas moins touchant dans cette nouvelle mouture conjuguant joliment le spectaculaire et l’humain. L’alchimie évidente entre Andrew Garfield et Emma Stone fait son effet dans un diptyque où la romance entre le protagoniste et Gwen Stacy est centrale. La conclusion tragique est un crève-cœur.
Spider-Man : Homecoming, Far from Home, No Way Home, Brand New Day (2017-2026) : l’attachant Tom Holland au cœur d’une décennie du MCU
Toujours sous pavillon Sony Pictures, Spider-Man obtient pourtant le droit se mêler à la bande de Captain America et Iron en rejoignant le MCU suite à un accord avec Marvel Studios. Le jeune Tom Holland – révélé dans The Impossible – reprend à son tour le rôle-titre. Introduit dans Captain America Civil War, le petit gars du Queens déboule en solo dans Spider-Man : Homecoming. Avant d’occuper un rôle chargé en émotion dans le climax de le saga de l’Infini : Avengers : Infinity War et Endgame.
S’ensuivent, Far from Home, No Way Home, et donc Brand New Day. Le Peter Parker de Tom Holland n’évolue pas à des années lumière de celui d’Andrew Garfield dans le panache de son interprétation. Il se fond encore plus dans la masse pour un garçon de son âge. Au-delà du quotidien de lycéen (entre amis, premières amours, et bal du lycée), les nouvelles aventures de l’homme-araignée s’inscrivent habilement dans le MCU en tissant une relation de mentor touchante avec Tony Stark (Robert Downey Jr.).
Petit à petit, la saga a su passer du teenage movie à un registre plus adulte et mélancolique, qui fait la réussite de Brand New Day. Le passé de gymnaste de Tom Holland en fait un Peter Parker très athlétique, jamais contre une belle cabriole (et pas à l’abri des blessures), et plus que jamais proche de nous. À mi-chemin entre le fan service et le moment émouvant, Spider-Man : No Way Home a même vu le jeune comédien anglais unir ses forces avec Tobey Maguire et Andrew Garfield.
Spider-Man: New Generation, Across the Spider-Verse , Beyond the Spider-Verse (2018-2027) : Miles Morales, star d’une brillante saga d’animation
Indépendamment de l’univers cinématographique Marvel, l’araignée du quartier connaît parallèlement des pérégrinations animées depuis 2018 avec le très réussi Spider-Man New Generation. Pas de Peter Parker, mais la seconde incarnation du super-héros dans le multivers : Miles Morales. Quatre ans après le deuxième opus Across the Spider-Verse, un troisième volet intitulé Beyond the Spider-Verse est prévu pour 2027.