« Oui, c’est vrai, je suis d’une extrême gentillesse ». Depuis son arrivée en 2022,son sourire et son sens de l’humour font le bonheur du personnel de l’Ehpad Symphonia à Vire (Calvados). Elle fête ses 100 ans le 12 août 2026. Lors d’un échange organisé au PASA (Pôle d’activité et de soin adapté), la résidente revient sur son parcours avec l’aide de Christine, sa nièce.

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Marquée par la Seconde Guerre mondiale

« Petite, je vivais dans une ferme à Neuville (Calvados) avec mes quatre frères », raconte-t-elle. Son enfance est marquée par une épreuve douloureuse. À 5 ans, son père meurt d’une maladie pulmonaire. À l’âge de 14 ans, un évènement marquera durablement sa jeunesse : la Seconde Guerre mondiale.

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Nous vivions dans les baraquements route de Caen. L’eau était gelée dans la cuvette, se souvient Marie-Thérèse, qui s’est occupée de sa maman qui avait un cancer. Pour pouvoir la soigner, je suis devenue garde barrière. Je tricotais en attendant le prochain train. J’ai connu la pauvreté. Nous n’avons pas toujours mangé à notre faim ».

Animatrice chez les jeunes, Sarah Louvier la taquine et lui demande alors « que pensez-vous de cette jeunesse » ? « Ils n’apprécient pas le bonheur qu’ils ont ! Ils profitent au maximum et sont heureux, je crois, rétorque Marie-Thérèse. Les vraies valeurs à transmettre ? Le respect et la politesse ».

Les clés de sa forme à bientôt 100 ans

Sa nièce la considère comme sa seconde maman. « Elle a joué le rôle de grand-mère pour mes enfants. Je lui rends visite tous les mois et lui envoie des cartes ou un bouquet de fleurs ».

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Ses secrets de sa longévité ? Très certainement, une vie saine non sans difficultés. « Elle parcourait 4 km aller-retour en sabot pour aller à l’école, explique sa nièce. Elle faisait beaucoup d’activités physiques dont la marche à pied, du vélo et cultivait un jardin. Je me souviens de ses délicieuses gelées de groseille ! ». Bientôt un siècle de vie et Marie-Thérèse maintient sa forme et pratique du vélo adapté, de la danse assise, et des exercices de mémoire.

En préretraite à 58 ans, elle a pris soin de sa santé à sa manière. « Je ne suis jamais allée chez le médecin et je me soignais avec des remèdes de grand-mère ». « Femme de ménage, j’ai passé des examens pour devenir comptable. J’étais employée de bureau chez Préval », s’empresse d’ajouter la résidente.

Courageuse, Marie-Thérèse reste attachée à une certaine philosophie de vie : « Un petit chez soi, vaut mieux qu’un grand chez les autres ».