l’essentiel
Pendant près de trente ans, Jackye Néri a fait de sa passion pour le cinéma un véritable métier. De Gaillac à Graulhet, elle a accompagné plusieurs générations de spectateurs tout en défendant une programmation exigeante et populaire.
Toute petite déjà, Jackye Néri rêve de devenir comédienne. Finalement, c’est de l’autre côté de l’écran qu’elle construira sa carrière. En 1989, elle fait ses premiers pas au Nouvel Olympia de Gaillac. Tour à tour caissière, projectionniste 35 mm puis responsable du suivi de la programmation, elle apprend son métier sur le terrain. « J’ai tout appris sur le tas par amour du septième art », confie-t-elle. Une passion qu’elle dit devoir à Jean-Pierre Gardelli, fondateur de Carlotta Films et gérant d’Imagin’Cinémas, qui lui accorde rapidement sa confiance.
Au fil des années, elle croise plusieurs grandes figures du cinéma français. Philippe Noiret vient parrainer les deux salles gaillacoises, Catherine Frot est accueillie à son tour, tout comme le réalisateur Mehdi Charef. En 2008, Jackye rejoint Imagin’Cinémas à Gaillac où elle prend en charge la gestion des quatre salles. Cette période est marquée par de nombreuses rencontres. Le réalisateur gaillacois Yves Caumon présente son film Amour d’enfance, récompensé au Festival de Cannes, tandis qu’Alain Guiraudie vient défendre son moyen métrage Ce vieux rêve qui bouge. Le cinéma gaillacois vit alors une période particulièrement dynamique. Les projections en plein air dans la cour de l’abbaye Saint-Michel côtoient la naissance du Festival du film européen, créé avec l’association Les 400 Coups. Alice Vincens y anime des analyses cinématographiques qui rencontrent un public fidèle. Jackye Néri participe également à l’avant-première du film Le Fils à Jo de Philippe Guillard, tourné dans le Tarn, en présence de Gérard Lanvin, Olivier Marchal et Vincent Moscato. Jean-Jacques Annaud effectue lui aussi un passage remarqué à Gaillac avec Média Tarn, tandis que Jean Douchet, critique historique des Cahiers du Cinéma, anime plusieurs rencontres.
En 2013, Jackye rejoint le cinéma Vertigo de Graulhet comme exploitante et programmatrice. Pendant six ans, elle y poursuit la même ambition : rendre le cinéma accessible à tous, tout en maintenant une place importante au cinéma d’auteur. L’arrivée du numérique transforme profondément le métier. Les exigences des distributeurs, la durée d’exploitation des blockbusters et la concurrence compliquent le travail de programmation, notamment dans un complexe de deux salles. Malgré ces contraintes, elle conserve la même ligne directrice : transmettre des émotions et faire du cinéma un lieu de découverte, de rencontres et de partage.