Une femme passe devant le bureau de la police touristique à l’aéroport de Suvarnabhumi, situé à Samut Prakan, en Thaïlande, le 14 juillet 2026.

MATT HUNT / NurPhoto via AFP

Une femme passe devant le bureau de la police touristique à l’aéroport de Suvarnabhumi, situé à Samut Prakan, en Thaïlande, le 14 juillet 2026.

Au moins onze Français sont détenus en Thaïlande, après avoir été arrêtés dans un aéroport avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages à la fin de leur séjour, a indiqué ce mardi 11 août à l’AFP une source policière, confirmant une information de RTL.

Leurs proches assurent qu’ils ont été piégés par « un plan Thaïlande » proposé sur Snapchat par une société se présentant comme spécialisée dans l’achat-revente de téléphone. Le principe était simple : des billets d’avion gratuits en échange du transport d’une valise, prétendument remplie de smartphones.

Selon leurs proches, les Français ignoraient le contenu réel des valises. Plusieurs d’entre eux se sont confiés au journal Libération, qui a évoqué l’arrestation d’au moins cinq jeunes âgés de 18 à 26 ans dans un aéroport en Thaïlande mais aussi à Hong Kong.

• Un séjour tout frais payé, contre le transport d’une valise

Parmi les Français arrêtés figure Elias, un aide déménageur de 20 ans vivant à Amiens (Somme). Sa belle-sœur assure qu’« il s’est fait avoir dans un piège ». Il était parti « mi-juin », sans prévenir sa famille. Son voyage était prévu « pour une semaine », « mais il a prolongé, deux, trois semaines », « au début il donnait des nouvelles, on (ne) s’est pas vraiment inquiétés », explique-t-elle à l’AFP.

Le jeune homme a été arrêté alors qu’il « devait repartir de Thaïlande le 14 juillet pour Hong Kong, puis Londres, puis Paris », avec un autre Français prénommé Ibrahim. Dans leur « valise, cadenassée », dont les deux jeunes n’avaient « pas le code », les douaniers ont découvert « 16,8 kilos de cannabis ». Les deux Français « sont restés choqués, ils ne s’y attendaient pas du tout », affirme la belle-sœur.

Le jeune homme « a été contacté via Snapchat par une personne qui lui a envoyé des flyers “plan Thaïlande” » assurant que « c’est 100 % légal, encadré, que c’est pour des téléphones, que c’est une durée d’une semaine, qu’il y a une rémunération. Tout est frais payés, billets, hébergement sur place, relate-t-elle. Donc, il a pris la chose au sérieux ». Les Français ayant répondu à la proposition étaient logés dans trois hôtels, non loin les uns des autres et situés à quelques dizaines de kilomètres de Bangkok.

• Une situation suivie « avec attention » par Paris

« La situation de nos compatriotes est suivie avec attention par les services compétents du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à Paris, qui sont en contact avec leurs familles », a assuré une source diplomatique à l’AFP, ajoutant que les « services consulaires en Thaïlande et à Hong Kong sont mobilisés ».

Ces dernières années, « le trafic de cannabis depuis la Thaïlande vers la France a connu une inquiétante croissance », notamment depuis la dépénalisation du cannabis dans ce pays en 2022, a précisé cette source. Les « conseils aux voyageurs » diffusés par le Quai d’Orsay rappellent par ailleurs que pour chaque kilo saisi, une amende douanière de 30 000 bahts (790 euros) s’applique. En l’absence de paiement, il faut s’attendre à un placement en garde à vue puis en détention dans l’attente d’un jugement.

• La Justice française se penche sur le phénomène

Le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco)a indiqué à l’AFP avoir « des investigations en cours sur ce phénomène ». « Notre objectif est d’identifier les commanditaires et les réseaux potentiels, de comprendre les modalités des passages : comment ces jeunes sont recrutés, pris en charge, s’il y a d’autres personnes qui interviennent… », explique-t-on au Pnaco.

« Ces personnes étaient-elles de bonne foi quand elles sont parties ainsi tous frais payés en Thaïlande ? », questionne une source judiciaire. « La justice – y compris des pays des lieux d’interpellation – devra également permettre de faire la lumière sur la connaissance qu’ils avaient (d’être impliqués potentiellement dans un trafic) avant le passage à l’acte », conclut-elle.