Très vite, la passion de cette Verviétoise prend de l’ampleur. Viennent les premiers 45 tours, puis les 33, les autographes récoltés un peu partout et les posters qui recouvrent peu à peu les murs de sa chambre. « J’ai évidemment très vite arraché tous les posters des autres chanteurs. Il ne restait plus un centimètre carré pour quelqu’un d’autre que Frédéric François. » Les affiches ont aujourd’hui disparu pour laisser la place à des piles de souvenirs dispersés dans la maison familiale, des livres, quelques gadgets, des anciens laissez-passer, des CD’s. « Mon premier disque dédicacé est celui de Je voudrais dormir près de toi, de 1973. J’ai aussi un disque dédicacé du 14 mars 1973 », pointe-t-elle aux côtés de très nombreuses photos prises avec le chanteur. « Là, regardez, sur cette photo à côté de lui, je porte une robe à fleurs, je l’ai gardée… », montre-t-elle un peu gênée.

Fan de Frédéric FrancoisFan de Frédéric Francois« On le prend plus au sérieux aujourd’hui Frédéric François. Il est tout de même le chanteur belge après Adamo qui a vendu le plus de disques ». ©EDA

Sa fidélité, elle a du mal à l’expliquer. C’est une évidence, partage-t-elle. « La voix, je ne m’en lasserai jamais. Ses chansons romantiques et puis, quand on le regarde… », dit-elle sans terminer sa phrase. Son mari Stéphane est à côté. « Je ne suis pas jaloux », crie-t-il. « Oui, c’est ça », rétorque-t-elle en faisant la moue. Les chansons de son idole, elles l’ont accompagnée « tout au long de sa vie. » Je me battrai pour elle ou Ma lettre à mes enfants, lui rappellent ses enfants, tandis que Mamina la touche par son évocation de la figure maternelle. « Il y a toujours une chanson qui correspond à quelque chose que l’on vit. »

Au fil des décennies, Marylène a vu le chanteur « des centaines de fois. » Impossible pour elle de donner un chiffre exact. Concerts à Bruxelles, Mons, Lille, Paris, séances de dédicaces ou simples apparitions publiques. Dès que l’artiste est annoncé quelque part, elle fait en sorte d’être présente pour son « Fredo », dit-elle. « Je me faufile toujours. » Et « il me reconnaît. Il aime bien blaguer avec moi » et lui fait « même la bise. » Et si elle pouvait adresser un message à celui qui accompagne sa vie depuis plus d’un demi-siècle maintenant ? « Je voudrais simplement lui dire merci. Merci de m’avoir accompagnée toute ma vie. Dans les moments joyeux comme dans les moments plus difficiles. Il y a toujours eu une chanson pour moi. Quand je pense à son décès un jour, je ne m’imagine pas ne plus jamais le voir. Je l’aime vraiment », partage la Verviétoise, les yeux remplis de larmes.

Fan de Frédéric FrancoisFan de Frédéric FrancoisSe faire tirer le portrait à ses côtés, la base pour Marylène Moureau. ©EDALa folie de l’adolescence : à vélo jusque chez lui, ramasser sa pomme entamée, un autographe sur la joue

Cette passion sans faille, elle l’a amenée à vivre des moments plus que mémorables. Comme la fois où elle lui demande de signer un autographe sur sa joue ou encore cet incroyable trajet à vélo depuis Verviers jusqu’à Wanze, à seulement 14 ans, pour aller vérifier si son idole était aussi sympathique dans la vie qu’à la scène. « J’avais dit à mes parents que j’allais à la piscine de Chaudfontaine », raconte-t-elle. En réalité, elle enfourche son vélo et parcourt près de 150 kilomètres aller-retour. « J’ai choisi le jour de son anniversaire pour y aller, j’avais lu dans les magazines qu’il restait toujours à domicile ce jour-là. » Arrivée devant la maison du chanteur, elle est accueillie « par son épouse, Monique. » Plus tard, Frédéric François apparaît. « Il était encore plus gentil et plus simple que je l’imaginais. » Car au-delà de l’artiste, Marylène Moureau admire surtout l’homme. « Il ne m’a jamais déçue. Il est respectueux, j’aime ses valeurs. Il est élégant, simple et il a beaucoup d’humour. » Elle apprécie également sa proximité avec son public. « Même après des heures de dédicaces, il restera pour la dernière personne. »

Fan de Frédéric FrancoisFan de Frédéric Francois« Quand j’étais toute jeune, mon papa se fâchait parce que je laissais tourner les disques la nuit. Je m’endormais avec les chansons de Frédéric François ». ©EDA

Si elle n’a « jamais grimpé sur scène pour l’embrasser, sourit-elle. « Et jamais lancé mes sous-vêtements car il mérite tout le respect du monde « , elle avoue par contre avoir déjà fait un truc un peu fou, toujours à l’adolescence. Il y a 50 ans, elle identifie où il vit – c’était du côté de Tilleur à cette époque – « avec une copine, on entre dans sa salle de répétition. On attend et coup de bol, il entre, il avait une pomme Granny Smith à la main, la couleur éclatante ne s’oublie pas, il la jette dans un cendrier, propre. Je la récupère et je dois bien avouer que j’ai croqué dedans, voire léché. Il faut savoir que c’était une vedette. Il était numéro 1 au hit-parade. » En voilà une anecdote, la plus célèbre de son histoire de fan. Celle que ses proches connaissent par cœur, le fameux « trognon de pomme ». « Aujourd’hui, je ne ferai évidemment plus ça. Je ne suis pas sotte comme disait mon père », conclut-elle.

Fan de Frédéric FrancoisFan de Frédéric FrancoisElle compte des centaines de trésors : disques, CDs, livres. ©EDA