Un t-shirt à fleurs, une casquette à l’envers, entouré de ses vaches : c’est ainsi que Jérôme Bayle est dans la vie. Et c’est ainsi qu’il apparaît sur l’affiche de Rural, le dernier documentaire d’Édouard Bergeon, à qui l’on doit le long-métrage Au nom de la terre. Tourné en Mayenne, ce film proposait déjà une plongée dans la vie d’une famille d’éleveurs, inspirée de celle du réalisateur.

Rural retrace le parcours du paysan de Haute-Garonne, qui avait invité les agriculteurs à durcir le ton, à la mi-janvier 2024. Les « Ultras de l’A64 », association regroupant ces agriculteurs sans étiquettes syndicales, a depuis ce jour-là beaucoup fait parler d’elle en Occitanie, en raison des barrages autoroutiers. En janvier 2025, elle remportait même les élections et prenait la tête de la Chambre d’agriculture départementale.

Courtisé par les politiques, Jérôme Bayle a contribué depuis deux ans à porter la voix du monde agricole, à ouvrir le débat dans la sphère médiatique, en invitant les agriculteurs français à se faire entendre sans avoir recours à la violence. Rural propose une immersion dans ces semaines d’actions ponctuées de retour à la ferme, au pied des Pyrénées, aux côtés de sa mère, de sa voisine, au sein de son club de rugby.

À l’occasion de la sortie prochaine du film, le 4 mars 2026, et du Salon de l’agriculture de Paris, nous avons rencontré l’éleveur occitan et le réalisateur Édouard Bergeon pour parler d’agriculture et des bouleversements que rencontre le monde rural plus largement.

Le Salon de l’agriculture se tient, cette année encore, dans un contexte tendu. Nous n’en finissons plus de sortir de la colère agricole. Que vous rapportent les agriculteurs que vous rencontrez dans les cinémas pour les avant-premières du documentaire Rural ?

Jérôme Bayle : Le mal est profond. Lors des avant-premières, on rencontre des agriculteurs partout en France et on voit bien que du lait à la viande, en passant par les patates ou les céréales, il n’y a pas une…