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«Quel temps magnifique! On se croirait en vacances!» Une apparente décontraction, mais Vladimir Poutine savait ce qu’il faisait en mettant les pieds pour la première fois jeudi sur l’archipel des Kouriles, seize ans après la visite de Dmitri Medvedev le 12 novembre 2010. Provoquant la colère du Japon, dont la première ministre, Sanae Takaichi, soutenue vendredi par les Etats-Unis, a dénoncé un déplacement «absolument inacceptable».

L’histoire pèse très lourd sur cet ensemble de 56 îles volcaniques peuplées de 4000 habitants. En 1945, trois jours après la capitulation japonaise mettant fin à la guerre du Pacifique, l’URSS l’envahissait, l’annexant et expulsant 17 000 résidents japonais. Depuis, deux récits irréconciliables s’opposent. La Russie se retranche derrière la conférence de Yalta de février 1945, au cours de laquelle les Alliés ont convenu que les Kouriles seraient cédées à l’URSS en échange de son entrée en guerre contre le Japon. Et Tokyo invoque le Traité de Shimoda en 1855, par lequel la Russie tsariste et le Japon ont fixé leur frontière juste au-delà des quatre îles disputées. Vingt ans plus tard, Tokyo obtenait la totalité des Kouriles en échange de l’abandon de Sakhaline grâce à un autre traité: celui de Saint-Pétersbourg.