Le canton de Vaud veut rendre l’eau potable plus claire face aux PFAS. Il lance un projet pilote pour traiter ces polluants éternels. En Suisse, les normes en vigueur sur la concentration de ces substances chimiques sont actuellement peu contraignantes, mais la législation pourrait bien se durcir à l’avenir.

L’installation expérimentale se situe à Grandson, au bord du lac de Neuchâtel. Le projet est mené par le bureau d’ingénieurs RWB.

« Nous allons pomper de l’eau du lac et la placer dans des conteneurs maritimes. Nous allons ensuite mesurer les concentrations en PFAS après certaines successions de traitements et les comparer avec celle du lac », décrit dans La Matinale Tony Merle, le chef du projet.

Ce procédé permettra de sélectionner la méthode de traitement la plus adaptée.

Plusieurs atouts recherchés

Parmi les nombreux PFAS dont on ignore encore l’impact à long terme sur notre santé figure l’acide trifluoroacétique, ou TFA. Cette molécule chimique, présente à large échelle dans nos lacs et nos cours d’eau, est notamment utilisée pour la fabrication de pesticides. Le défi: trouver une méthode satisfaisante pour la traiter.

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« Cette molécule s’élimine très bien avec un seul procédé membranaire très poussé, qui demande énormément d’énergie et est plutôt coûteux », indique Tony Merle. « Nous essayons de trouver des procédés commercialement moins chers, moins énergivores et avec moins d’impact au niveau environnemental. »

Les analyses seront menées par le service des eaux de Lausanne. Le projet coûtera environ 600’000 francs et est subventionné notamment par l’Association pour l’eau, le gaz et la chaleur. Les premiers résultats sont attendus pour la fin de l’année.

Yoan Rithner/ami