Léa, 27 ans : « J’ai eu l’impression de me sevrer d’une sorte de drogue »
Léa, 27 ans, passait près de huit heures par jour sur son téléphone. En novembre 2024, lassée par le surplus d’informations, les actualités déprimantes et les contenus d’inconnus qui ne l’intéressaient pas, elle décide d’arrêter Instagram et TikTok, les réseaux sociaux les plus chronophages, selon elle.
« Au début, cela a été dur », témoigne la Mosellane, habitante de Sainte-Marie-aux-Chênes.
« Comment s’occuper alors que je passais autant de temps par jour sur mon téléphone ? Les premiers jours, j’ai eu l’impression de me sevrer d’une sorte de drogue. »
Issue de cette génération hyperconnectée, sa décision a surpris ses proches. «Quand j’ai supprimé mon compte Instagram, plusieurs de mes amis se sont empressés de m’écrire pour me demander si j’allais bien et semblaient presque apeurés à l’idée de devoir me contacter ailleurs que sur cette application. »
« Pas coupée du monde, au contraire »
Mais très vite, la jeune femme trouve d’autres occupations comme la lecture ou le crochet. Elle constate un effet flagrant sur sa capacité de concentration : « Je ne regarde plus de films avec mon téléphone à la main, je ne ressens pas le besoin de regarder des vidéos YouTube en accéléré, ça fait du bien ». Et surtout, c’est sur ses conversations qu’elle observe le plus gros changement :
« Désormais, mes discussions tournent autour de vrais sujets et pas autour d’un post que l’on m’aurait partagé ou un mème sur lequel rire ».
Même conclusion pour Manon, 30 ans, habitante de Forbach. La Mosellane a complétement quitté les réseaux sociaux, en dehors de la messagerie WhatsApp, depuis plus d’un an. « J’ai retrouvé des relations plus authentiques », raconte-t-elle. « Je retrouve du temps pour moi que j’utilisais auparavant à scroller sur les réseaux, je suis moins anxieuse et beaucoup plus satisfaite de ma vie. »
Pour Manon, le seul inconvénient à cette detox digitale est de « louper certains éléments qui avaient été communiqués sur les réseaux ».
Selon Yoann, chef d’entreprise à Belfort, « certaines informations me parviennent peut-être un peu plus tard qu’avant, mais elles finissent toujours par arriver jusqu’à moi ». Avant de conclure : « Se déconnecter des réseaux sociaux ne m’a pas coupée du monde. Au contraire, cela m’a permis de me reconnecter davantage au réel ».