ENTRETIEN — Le patron de la recherche du laboratoire danois raconte en exclusivité à « La Tribune Dimanche » la genèse de la découverte de l’Ozempic.

LA TRIBUNE DIMANCHE — Novo Nordisk est synonyme d’insuline depuis plus d’un siècle. Comment l’entreprise est-elle passée du traitement du diabète à celui de l’obésité ?
JACOB PETERSON — Nous avons commencé à explorer une nouvelle classe de composés, les GLP-1, pour traiter potentiellement le diabète de type 1 et de type 2, il y a plus de 30 ans. Ces molécules aident à réguler la glycémie, en stimulant la libération d’insuline et en ralentissant la digestion. Très tôt, nous avons observé leur impact sur la perte de poids.

À l’époque, l’obésité n’était ni largement reconnue ni traitée comme une maladie. Mais perçue le plus souvent comme le résultat d’un manque de volonté – ou d’un problème psychologique –, pouvant être résolu grâce à de l’exercice physique et un régime alimentaire. Mais nous savons, scientifiquement, que pour la grande majorité des patients atteints d’obésité, la reprise de poids est inévitable dès l’interruption de ces efforts. Ils ne sont donc pas une solution durable.

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Comment avez-vous transformé cette hormone en médicament ?
Le principal défi était la brièveté de vie de l’hormone naturelle dans le corps – quelques minutes seulement. Obtenir un effet thérapeutique aurait nécessité des centaines d’injections chaque jour. Grâce à l’ingénierie des protéines, nous avons développé le premier analogue du GLP-1 à action prolongée. Il était initialement administré sous forme d’injection quotidienne pour le diabète de type 2, puis plus tard pour l’obésité.