De notre envoyé spécial aux Philippines. Le thermomètre affiche plus de 30 °C, le soleil tape, mais un brin de vent maritime vient nous soulager et nous faire oublier notre transpiration. On a connu plus glamour, comme cadre, mais c’est bel et bien la réalité. Nous sommes à Caramoan, aux Philippines, pour le tournage de Koh-Lanta, Les reliques du destin. En mai dernier, Télé-Loisirs a été invité sur le tournage de cette nouvelle saison. Un fait exceptionnel : aucun journaliste n’avait eu un tel privilège depuis onze ans ! Après le tournage de l’une des épreuves de cette édition, Denis Brogniart s’est confié à nous sur l’enregistrement des Reliques du destin, nous a donné ses impressions sur le casting des 20 candidats et nous a partagés ses moments préférés lors du tournage.

Denis Brogniart détaille les nouveautés de la saison 2026 de Koh-Lanta : « Ça renforce la dramaturgie »

Télé-Loisirs : Comment se présente cette saison des Reliques du destin ?
Denis Brogniart : Cela fait longtemps qu’on n’a pas eu un casting comme ça, avec des compétiteurs hors pair. Personne n’est à la traîne et il y a zéro envie d’abandonner. Dès le départ, j’ai choisi d’avoir un discours beaucoup plus musclé avec les candidats. La première journée, je leur parle sans caméra pendant un petit quart d’heure et j’ai été super cash avec eux : « Ne me dites pas que votre famille vous manque parce que dans ce cas-là, il ne faut pas venir à Koh-Lanta ! » Leurs proches veulent les revoir dans quarante jours, pas avant. Je pense que ça a joué.

En quoi les reliques du destin peuvent-elles bouleverser l’aventure ?
Elles rendent incertaines les décisions du vote. Globalement, quand vous êtes éliminé au conseil, j’éteins le flambeau, vous partez, et c’est terminé, sauf à revenir sur un abandon médical. Là, il y a une deuxième chance pour tous les éliminés grâce à l’antre du destin. Ils vont y rentrer et choisir une poterie. À l’intérieur, il peut y avoir un collier d’immunité à donner, un changement d’équipe, un duel contre l’un de ses coéquipiers, ou rien du tout. Ça met un peu plus de stress et d’incertitude chez tout le monde.

Avez-vous été consulté à propos de cette nouveauté en amont du tournage ?
Je suis le premier cobaye des équipes. Je n’ai aucun titre, et je n’en veux aucun, mais mon côté joueur fait que j’apporte de temps en temps un petit quelque chose sur les épreuves. Mais cette mécanique-là m’a tout de suite plu, parce que cette incertitude, déjà grande sur Koh-Lanta, décuple encore le pouvoir du conseil. Je n’aime pas les mots « chance » et « destin » parce que je n’y crois pas, mais les poteries, c’est l’instinct et la chance. Saupoudrer une aventure aussi dure et terre à terre d’un peu de chance, ça renforce la dramaturgie.

« Je les envie du premier au dernier jour » : Denis Brogniart témoigne à propos des candidats de Koh-Lanta, Les reliques du destin

Hors caméra, vous avez souvent un petit mot pour les candidats avant les épreuves. Que leur dites-vous ?
Parfois, il faut être très solennel, par exemple quand je leur explique les règles. Ils doivent avoir la certitude que je suis totalement impartial. La plus grosse critique qu’on pourrait me faire serait de ne pas être équitable. Mais il faut aussi qu’ils aient conscience que je ne suis pas un adjudant. Ce sont des mots bienveillants mais je ne dévie pas, même s’ils me demandent le score du dernier match du Paris Saint-Germain !

Après vingt-cinq ans à la tête de Koh-Lanta, êtes-vous parfois en « pilotage automatique » ?
Jamais, même au moment où j’éteins le flambeau et que je dis « La sentence des aventuriers est irrévocable. » La solennité empêche cette séquence d’être aussi répétitive que le phrasé pourrait le laisser penser. Et je n’ai évidemment pas de prompteur ! Koh-Lanta transforme, bouleverse, chamboule les candidats, et cela me bluffe. Il y a des prises de conscience incroyables qui me fascinent. Souvent, l’éloignement et le partage avec des personnes à la philosophie de vie différente de la vôtre ouvrent de nouvelles perspectives.

Avez-vous parfois l’impression de suivre un match sportif quand vous commentez les épreuves ?
Bien sûr. Pour moi, c’est une compétition, un championnat du monde ! Dans l’engagement, dans la concentration, dans le stress inhérent à l’impératif de gagner, c’est du sport de haut niveau. J’adore ce rôle, être au cœur de ça. C’est la raison pour laquelle j’aime bien commenter en même temps, ainsi que pour éviter qu’il y ait trop de voix off. C’est aussi mon ADN, je vibre avec eux. On nous dit qu’on est sadiques, qu’on les affame… Mais je ne les plaindrai jamais, je les envie du premier au dernier jour ! [Il sourit.] Je peux plaindre celui qui est éliminé brutalement parce qu’il n’a pas été capable d’éviter la dernière place d’une épreuve éliminatoire, ou celui qui se prend une baffe monumentale au conseil sans s’y attendre. Mais quand les candidats arrivent sur un jeu ? C’est une journée de rêve !