Première nouveauté pour l’acteur populaire, véritable icône comique dans les années 1970 et 1980 : les honneurs décernés par Télérama et les Césars. En 2006, Pierre Richard a obtenu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. « La standing ovation m’a fait plus plaisir que le César. C’était très émouvant. Comme je l’ai dit : ‘Paraître devant mes pairs, moi qui n’ai jamais été autre chose qu’un impair.' » Il avoue avoir appelé son médecin pour savoir s’il allait bien. « Un petit César avant la route et puis… Ça sent le sapin ! », s’amuse-t-il.

À 91 ans, Pierre Richard annonce la fin d’une incroyable aventure au cinéma : « Physiquement, c’est quand même très dur… »« Le métier m’aura jusqu’à la mort »

Pierre Richard s’est toujours senti un peu à part dans le milieu du cinéma français, malgré ses 80 millions de spectateurs. « Sur une voie ferrée, Yves Robert m’a dit : ‘Tu n’es pas un acteur, t’es un personnage.’ Je l’avais à moitié bien pris », explique-t-il, laissant poindre ses fêlures. Que se dit-il en se voyant à l’écran ? « Mon Dieu que je suis moche, mais je commence à m’aimer avec la barbe », glisse celui qui se « lève avec la faim et se couche avec la soif ». « Je suis quelqu’un de reconnaissant dans la vie. J’ai eu beaucoup de chance. Je suis un privilégié. J’aime tellement la vie que j’aimerais la recommencer en double. Je n’ai jamais eu envie de m’arrêter, le métier m’aura jusqu’à la mort. »

L’acteur a tourné son dernier film l’an dernier, L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, illustrant cette longévité à toute épreuve. Une confiance héritée de son grand-père, qui lui a dit sur son lit de mort : « ‘Tu réussiras.’ Cette ultime phrase m’a conforté dans l’idée d’être un optimiste caractérisé. »