Après un été marqué par la chaleur et la sécheresse, l’automne et l’hiver pourraient verser dans un autre extrême météorologique. Selon les dernières projections météorologiques saisonnières, la pluie devrait faire son retour en force ces prochains mois. Un basculement brutal qui ne sera pas sans conséquences.

Selon le programme européen Copernicus, l’automne pourrait être plus perturbé et plus humide que la moyenne sur une large partie de l’Europe. En Suisse, les projections signalent également des anomalies pluviométriques par rapport aux normes saisonnières.

« Il y a un signal de regain de précipitations », confirme Dean Gill, météorologue chez MétéoSuisse, lundi dans La Matinale. Selon lui, la tendance laisse entrevoir des précipitations de l’ordre de 110 à 120% par rapport aux moyennes saisonnières. « Donc un environnement un petit peu plus humide. »

Incertitude encore élevée

Toutefois, l’incertitude reste encore élevée sur les projections, notamment concernant les phénomènes météorologiques extrêmes. « La Méditerranée est extrêmement chaude, avec des températures atteignant les 30 degrés dans pas mal d’endroits », explique Dean Gill. « Mais pour qu’il y ait des événements extrêmes, il faut une configuration synoptique qui s’y prête: une dépression doit venir se placer à cet endroit-là précisément pour décupler l’intensité de l’événement. »

L’année écoulée s’est distinguée par de grands contrastes météorologiques: un mois de février plus arrosé que jamais, suivi d’une canicule précoce dès mai-juin. Cette alternance rapide entre sécheresse et humidité constitue ce que les scientifiques appellent un « coup de fouet hydroclimatique ». Une étude récente publiée dans la revue Nature révèle que ces bascules se sont accentuées depuis le milieu du 20e siècle, en grande partie sous l’effet du réchauffement climatique.

Attention aux laves torrentielles

Bien qu’humide, l’automne à venir devrait aussi être plus chaud que les précédents, s’inscrivant dans un contexte de réchauffement climatique rapide. Un automne et un hiver plus doux, avec des quantités de pluie très importantes, pourraient aussi avoir des conséquences encore plus graves sur les sols, avertit Erwan Koch, directeur du Centre d’expertise sur les extrêmes climatiques de l’Université de Lausanne, dans le 12h30.

>> Ecouter le sujet du 12h30 : Après un été caniculaire, l’automne et l’hiver sont susceptibles d’être très pluvieux / Le 12h30 / 2 min. / aujourd’hui à 12:37

« Les sols très secs ne se comportent pas comme des éponges. Ils peuvent au contraire agir comme des surfaces imperméables, augmentant le risque d’inondations par ruissellement. » Sans compter les sédiments accumulés dans les lits des torrents, alimentant le risque de laves torrentielles. « La combinaison entre sécheresse et précipitations importantes pourrait amplifier ces dangers. »

Ces prévisions saisonnières sont notamment destinées aux autorités et aux décideurs politiques afin de mieux anticiper et gérer ces extrêmes climatiques sur les populations et les infrastructures, et permettre une transition rapide vers des mesures d’adaptation.

Sujet radio: Foued Boukari et Alexandra Richard

Texte pour le web: fgn