Procès

Le hacker présumé de plusieurs entreprises, dont Stadler Rail, comparaît lundi devant le Tribunal de district de Zurich: il risque douze ans de prison et l'expulsion (image symbolique).

Le hacker présumé de plusieurs entreprises, dont Stadler Rail, comparaît lundi devant le Tribunal de district de Zurich: il risque douze ans de prison et l’expulsion (image symbolique).

ATS

Un informaticien ukrainien de 52 ans, accusé d’avoir piraté plusieurs entreprises dont Stadler Rail, a comparu lundi devant le Tribunal de district de Zurich. Le hacker présumé, qui risque douze ans de prison, nie toutes les accusations. Le verdict sera publié le 10 septembre.

Keystone-ATS

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Aujourd’hui à 15:23•Aujourd’hui à 17:26

Le Ministère public zurichois reproche notamment à l’accusé l’extorsion par métier, la détérioration grave de données et le blanchiment d’argent. Il aurait participé, depuis son domicile dans le canton de Bâle-Campagne, à des attaques mondiales par rançongiciel.

L’accusé, en détention provisoire depuis octobre 2021, est considéré comme le développeur central des logiciels malveillants Lockergoga, Megacortex et Nefilim, qui ont servi à crypter les données de sociétés telles que Stadler Rail, Meier Tobler et Crealogix afin d’en exiger des rançons. Les entreprises ciblées ont subi des préjudices se chiffrant en millions.

Cette affaire met en lumière la cybercriminalité mondiale, les auteurs présumés d’attaques par rançongiciel étant rarement traduits en justice en Suisse. A Zurich, public et médias ont afflué dans la salle d’audience, soumise à des contrôles de sécurité renforcés.

Mort mystérieuse à Moscou

Selon le procureur, le commanditaire présumé de l’accusé aurait coopéré avec les services secrets russes, avant de mourir en chutant d’une fenêtre à Moscou en novembre 2022. Il s’agirait d’un hacker ukrainien, dont les Etats-Unis avaient mis la tête à prix, qui disposait d’une fausse identité fournie par les services secrets russes.

Le procureur a encore lié ces cyberattaques à la stratégie russe visant à semer le trouble en Occident et à causer des préjudices économiques. Les intérêts des pirates informatiques criminels et des acteurs étatiques se recoupent à cet égard: l’Etat russe tolère, voire encourage, ces agissements, a-t-il plaidé. Toutefois, rien n’indique que l’accusé ait lui-même entretenu des liens directs avec les services secrets russes.

Le ministère public requiert à l’encontre de l’accusé une peine d’emprisonnement de 12 ans, une expulsion du territoire de même durée ainsi que la restitution de cryptomonnaies d’une valeur d’environ 1,8 million de francs. En tant qu’auteur des logiciels malveillants, l’informaticien aurait joué un rôle clé.

Admissibilité des preuves contestée

La défense réclame en revanche l’acquittement total et une indemnisation pour détention. Elle demande que tous les supports de données saisis soient déclarés irrecevables, car l’accusé n’aurait pas été suffisamment informé, lors des perquisitions, de son droit à la mise sous scellés des données.

Lundi, le hacker présumé a affirmé n’avoir jamais développé de logiciels malveillants ni participé à des attaques, mais avoir simplement travaillé comme consultant pour un client inconnu dans le domaine de la sécurité informatique. Il a justifié la présence des codes sources et des cryptomonnaies trouvés sur ses appareils par son activité de consultant. Le tribunal publiera son jugement le 10 septembre.