Les cancers chez les moins de 50 ans sont en augmentation, avec une hausse de 79,1 % des diagnostics entre 1990 et 2019. Un oncologue souligne l’importance de ne pas négliger certains symptômes, même chez les jeunes adultes, pour une détection précoce.

On associe encore souvent le cancer à l’âge avancé. Pourtant, les cancers diagnostiqués avant 50 ans sont en hausse : une analyse internationale publiée dans BMJ Oncology a relevé une augmentation de 79,1 % entre 1990 et 2019, avec 27,7 % de décès supplémentaires. Chez les jeunes adultes, certains symptômes méritent donc d’être pris au sérieux, même lorsqu’ils semblent banals.

Parmi eux, les saignements inexpliqués doivent particulièrement attirer l’attention, selon le Dr Joshua G. Cohen, oncologue gynécologue au City of Hope Orange County, en Californie : «De nombreux cancers sont découverts parce que le patient remarque que quelque chose ne va pas », explique-t-il. Il recommande ainsi de ne pas banaliser un saignement inhabituel sous prétexte d’être trop jeune pour avoir un cancer : tout saignement qui survient sans raison évidente, se répète ou ne correspond pas aux habitudes doit être évalué par un médecin.

Pourquoi un saignement inexpliqué peut être lié à un cancer ?

« Le cancer peut provoquer des saignements de plusieurs façons », explique le Dr Cohen. « Une tumeur peut envahir les tissus voisins ou endommager les vaisseaux sanguins, et certaines tumeurs développent des vaisseaux sanguins fragiles qui saignent facilement. » Dans une leucémie, le nombre de plaquettes chute, ce qui favorise les bleus, les saignements de nez ou des gencives. La localisation du sang donne ensuite des indices : sang dans ou sur les selles, selles noires et goudronneuses pouvant faire penser à un cancer colorectal, sang dans les urines lié à une atteinte de la vessie ou du rein, saignements vaginaux anormaux pour le col ou l’utérus, crachats de sang pour le poumon.

Moins de 40 ans, que faire face à un saignement anormal ?

La plupart des saignements inexpliqués chez les moins de 40 ans ont une cause bénigne : hémorroïdes, infection urinaire, calculs rénaux, ulcère de l’estomac, variations hormonales, fibromes, effets de médicaments anticoagulants. Ces diagnostics n’empêchent pas de consulter, au contraire. Une règle d’or se dégage : « Tout saignement persistant ou inexpliqué doit faire l’objet d’un examen », explique le Dr Cohen. « Les saignements accompagnés de symptômes tels que douleurs, fatigue ou perte de poids inexpliquée sont particulièrement préoccupants. » Le médecin commencera par interroger, examiner, puis pourra demander analyses de sang, examen gynécologique, imagerie ou coloscopie, surtout si du sang apparaît dans les selles avant 45 ans.

Pourquoi l’âge ne doit pas rassurer à tort ?

« Certains cancers provoquent des symptômes, tandis que d’autres n’en provoquent aucun, surtout à leurs débuts », rappelle le spécialiste. D’où l’intérêt de participer aux programmes de dépistage quand on est dans la tranche d’âge concernée. En France, l’Assurance Maladie propose un dépistage organisé du cancer colorectal entre 50 et 74 ans, du cancer du sein entre 50 et 74 ans et du col de l’utérus entre 25 et 65 ans. Mais ces repères ne doivent pas faire oublier qu’un symptôme, lui, doit être pris au sérieux à tout âge, y compris avant 40 ans.

Source : Parade