Les incendies en Grèce ne sont pas sans conséquences sur l’important patrimoine culturel du pays. Le ministère de la Culture a même conçu un plan d’adaptation pour protéger certains sites archéologiques des feux, de la sécheresse, mais aussi des inondations.
Sur le site de Brauron, à l’est d’Athènes, l’ancien sanctuaire de la déesse Artémis subit des inondations de plus en plus sévères. Des mares d’eau stagnante brillent encore au soleil, alors que la sécheresse frappe déjà une grande partie de la Grèce en plein mois de juin. Le sanctuaire, l’un des plus anciens et des plus importants de la Grèce antique, a été édifié au cœur d’une zone humide, entre la mer et la rivière Erasinos.
>> Lire également : Les pompiers grecs poussés jusqu’à leurs limites par les incendies
Pour l’archéologue Maria Cristina Katsavou, l’un des joyaux du site est un élément qui ne date pas de l’Antiquité: la pompe de drainage. « Toute cette eau provoque l’érosion des matériaux. C’est pourquoi nous avons besoin d’une pompe pour drainer l’eau qui provient des nappes phréatiques. Ce n’est pas seulement lié au climat, mais aussi à l’emplacement du site. Mais à cause du changement climatique, les nappes phréatiques saturent », explique Maria Cristina Katsavou dans La Matinale.
« Nous ferons tout pour sauver ce sanctuaire », assure l’archéologue. Elle attend impatiemment que le plan d’adaptation au changement climatique du ministère de la Culture soit mis à exécution, car celui-ci inclut un meilleur système de drainage.
>> Ecouter le reportage de La Matinale : Les incendies menacent le patrimoine culturel de la Grèce / La Matinale / 4 min. / aujourd’hui à 07:25 Analyser les risques
A la faculté de physique de l’Université d’Athènes, le physicien climatologue Constantinos Cartalis et ses collaborateurs bouclent trois ans de travail sur la conception d’une plateforme digitale qui analyse, site par site, les risques à venir liés au changement climatique.
« Le ministère de la Culture a lancé un plan de prévention pour faire face aux risques à mesure que ceux-ci évoluent. Il s’agit de préparer les sites archéologiques, en particulier l’environnement autour d’eux, afin qu’ils soient mieux protégés contre les phénomènes climatiques », détaille Constantinos Cartalis.
Des champs inondés à proximité du site archéologique de l’ancienne Olympie, après que l’Alphéios a débordé en décembre 2021. [REUTERS – George Skouloudis]
Son collègue Anastasios Polydoros prend l’exemple du site de Mycènes pour monter comment les données climatiques sont utilisées pour réaliser des projections.
« A Mycènes, le risque principal sont les chaleurs extrêmes. Nous allons donc chercher la durée des vagues de chaleurs en jours. L’outil que nous avons développé nous informe qu’à la moitié de ce siècle, selon un scénario conservateur, les vagues de chaleur dureront en moyenne 11 jours, c’est absolument fou », s’inquiète-t-il.
Plan pour chaque site
Inondations, feux de forêt, sécheresse, chaleur extrême, élévation du niveau de la mer, toutes les situations sont passées au crible. Un plan d’adaptation est conçu spécifiquement pour chaque site. Contre les vagues de chaleur par exemple, il est recommandé de planter des arbres et d’installer des toits bioclimatiques sur les ruines.
Mais en Grèce, un risque en particulier provoque la terreur: les incendies dévastateurs qui sévissent tous les étés. La plupart des régions sont exposées, et en particulier le Péloponnèse, qui concentre un grand nombre de sites archéologiques exceptionnels.
Emmanuelle Steels/asch