La Confédération ne paiera plus forcément la facture d’un milliard de francs votée par le Parlement pour la 3e correction du Rhône, en tout cas pas si le Valais s’écarte trop du projet initial. Un nouveau désaveu pour Franz Ruppen, le conseiller d’Etat valaisan UDC en charge de l’environnement.

A l’origine, Franz Ruppen voulait alléger le chantier de la 3e correction du Rhône, notamment pour préserver des terres agricoles. Après cette annonce, l’Office fédéral de l’environnement avait déjà suspendu ses subventions. Et maintenant, le Contrôle fédéral des finances émet des réserves.

Si Franz Ruppen s’éloigne trop du projet initial, il faudra revoter. De longues procédures politiques seraient ainsi relancées, avec un risque de perdre de l’argent fédéral. Ce dossier fleuve pourrait bien s’enliser encore davantage.

Franz Ruppen confiant

Mais le ministre valaisan en charge de l’environnement se montre confiant. Les changements sont une part minime du subventionnement d’un milliard, dit-il à la RTS: « C’est 1 % de tout ce que ça coûte ». « On est bien conscient que l’idée n’était jamais de s’écarter de l’esprit de ce message de 2019 », ajoute-t-il.

Maintenant, il faut terminer les travaux qui sont en cours (…) et après il faut regarder avec l’Office fédéral de l’environnement comment négocier, comment aller de l’avant ».

Signal d’alarme pour Pro Natura

Cet audit est un signal d’alarme bienvenu pour Jérémie Savioz, chargé de projet pour Pro Natura Valais et élu vert au Grand Conseil: « Il y a une grosse subvention qui doit être garantie de la Confédération. Si elle n’est pas garantie, comment est-ce qu’on va sécuriser ce fleuve qui a déjà provoqué des crues ici en 2024 et qui pourra certainement en provoquer prochainement ailleurs? », questionne-t-il.

On est dans une incertitude totale

 Jérémie Savioz, chargé de projet pour Pro Natura Valais et élu vert au Grand Conseil

« Le risque, concrètement, est que le projet prenne encore plus de retard et s’enlise. On a déjà perdu plus de deux ans et demi avec cette révision du projet, alors que c’est un projet complexe. Maintenant, on est dans une incertitude totale. Il n’y a plus les capacités financières et humaines qui sont réunies pour mener à bien ce projet, dit l’audit », ajoute-t-il.

La correction du Rhône, c’est avant tout un chantier immense qui doit protéger 100’000 personnes contre les crues. Un nouveau passage à Berne impliquerait de nouvelles procédures. Du temps perdu pour les opposants. Une manière d’aller plus vite pour Franz Ruppen. Il devrait préciser son plan d’ici la fin de l’année 2026.

Sujet radio: Mathias Déletroz

Adaptation web: Julie Liardet