Les Sims se rebellent
À l’heure de l’animation ultra-réaliste et d’une IA générative de plus en plus difficile à différencier de la réalité, Quentin Dupieux choisit le contre-pied pour son premier film d’animation, présenté en clôture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes en mai dernier. Optant pour une imagerie volontairement « lo-fi », il reprend l’esthétique des premiers jeux vidéo 3D de la fin des années 1990. Soit des décors recréant sommairement le Paris d’aujourd’hui, dans lesquels évoluent des personnages pixélisés dont les visages sont ceux des comédiens qui leur prêtent leur voix.
Comme toujours chez Dupieux, l’idée de base est bonne : évoquer l’hypothèse que notre réalité serait en fait une simulation informatique (idée défendue notamment par le futurologue suédois Nick Bostrom) en se plaçant au sein d’une simulation. Soir un jeu vidéo dont les protagonistes se mettraient à repérer tous les bugs… Mais, même s’il ne dure qu’une grosse heure, Le Vertige se traîne rapidement. Non seulement la réflexion métaphysique ne vole pas très haut, la critique du monde de la tech est sans consistance, mais la comédie n’est jamais drôle…
Dupieux est clairement trop prolifique — à Cannes, il dévoilait non seulement Le Vertige, mais aussi Full Phil avec Woody Harrelson et Kristen Stewart en séance de minuit. À privilégier la quantité, il finit par lasser…

Alain Chabat et Jonathan Cohen, transformés en personnages de jeu vidéo à l’ancienne… ©O’Brother
©O’BrotherLe Vertige
Animation Scénario et réalisation Quentin Dupieux Musique Franck Lascombes Montage Quentin Dupieux et Léo Pouliquen Avec les voix d’Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier… Durée 1h07