C’est une innovation médicale que l’opticien Atol de Beaurepaire est le seul à proposer en Isère, grâce à un partenariat avec la société italienne Fonda qui fournit les équipements.

Objectif : permettre aux personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), glaucome, et rétinite pigmentaire de gagner en confort et en autonomie. Ces pathologies évolutives affectent la zone centrale de la rétine, appelée macula et altèrent le champ de vision. Un point noir, un scotome, se forme au centre de la vision. Ces maladies chroniques ne se guérissent pas mais l’évolution peut être ralentie grâce à des injections, lorsque la DMLA est une forme dite humide. En revanche, pour la forme sèche, il n’existe pas encore de traitement.

Des verres optiques adaptés à la pathologie et aux besoins des personnes malvoyantes

Outre l’équipement optique prescrit par leur ophtalmologiste, les personnes atteintes de DMLA, glaucome, rétinite pigmentaire peuvent désormais s’équiper avec une solution complémentaire sous forme de deux filtres aimantés, des verres jaunes et solaires polarisés, clipsables sur une monture spéciale. Atol propose deux solutions : Leddles® pour la vision de près et FitMacula® pour la vision de loin.

« Ces solutions complémentaires se basent sur les capacités visuelles restantes des personnes pour leur permettre de retrouver leur autonomie. Nous leur proposons des montures avec des verres à effet grossissant et dotées d’une lumière au centre pour la vision de près, explique Anaïs Audebet, responsable du pôle vision fragile. Et pour la vision de loin, en fonction de la pathologie, nous pouvons ajouter deux clips de couleurs qui réduisent la sensibilité à la luminosité et aux contrastes et permettent aussi de déplacer le scotome dans le champ de vision pour recentrer la vision. »

Les lunettes, vision de loin et de près, adaptées aux personnes atteintes d’une maladie évolutive de la rétine – © Sévim Sonmez Quid de la prise en charge de ces lunettes novatrices

Si un équipement optique classique est pris très faiblement en charge par la sécurité sociale, et complété par la mutuelle, pour ces lunettes techniques aucun remboursement n’est prévu. Ce dispositif basse vision n’est pas reconnu en tant que lunettes. Toutefois, la personne qui souhaite s’équiper peut obtenir des aides si son ophtalmologiste le précise bien sur l’ordonnance.

« Après en avoir fait la demande, les mutuelles peuvent accorder une aide via leur fonds de soutien spécifique, ou lorsque la personne a fait reconnaitre sa déficience visuelle par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Le coût de cet d’équipement technique varie entre 500 et 1 600 euros. »

Les tests sont réalisés dans le magasin par Anaïs Audebet et sa collègue Victoria Guilleux qui ont été formées en mai dernier par le réseau Fonda. Seulement 2 % des opticiens sont formés à la basse vision, soit 550 sur 40 000 opticiens alors que la France compte près de deux millions de personnes malvoyantes. Une personne est considérée malvoyante si son acuité visuelle, après correction, est comprise entre 4/10e et 1/20e ou si son champ visuel est compris entre 10 et 20 degrés.