J’ai toujours fait de la peinture. Ma démarche repose sur le numérique et la peinture, un dialogue entre l’image et la programmation explique Bernard Demiaux. L’artiste a commencé à créer des images à partir de codage numérique dès les années 1960. Au fil du temps, sa pratique a évolué. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) s’est ajoutée à ses outils.

Des peintures avec l’IA

L’IA amène un plus. Je m’en sers comme déclencheur. Bernard Demiaux s’en est notamment servi pour imaginer le Pouldu des années 1930. Cela a donné des images colorées et très structurées. Pour l’artiste, la technologie ne remplace toutefois pas le geste du peintre. C’est un dialogue entre la programmation, la main et l’intelligence artificielle, résume-t-il. J’essaye de montrer qu’on peut faire des choses avec l’IA.

Il propose également des représentations de lieux peints par des artistes comme Paul Gauguin ou Meyer de Haan. Bernard Demiaux cherche à porter sur ces paysages un regard contemporain. Qu’est-ce que je peux dire aujourd’hui, en 2026, sur la ferme de Kerzellec, ou sur sa vallé ?.

L’artiste revendique des œuvres très colorées, en lien avec les paysages qui l’entourent. J’essaye de rendre tout cela très coloré, fidèle à la réalité parce que c’est coloré ici, notamment en automne. S’il utilise le numérique et l’intelligence artificielle, le geste traditionnel reste essentiel. C’est le pinceau du peintre qui a toujours le dernier mot assure Bernard Demiaux.

Temps sur temps

Cette volonté de confronter différentes époques est particulièrement présente dans son travail sur les paysages du Pouldu, intitulé Temps sur temps. Je suis arrivé ici il y a 20 ans et je me suis dit que c’était fantastique que les paysages n’ont pas changé depuis Gauguin ou Sérusier. C’est très intéressant pour un peintre de se confronter à ses illustres prédécesseurs.

Bernard Demiaux présente ainsi des peintures où se mêlent les paysages du Pouldu et des personnages de Gauguin, comme le Christ jaune, sur fond de nouvelles technologies. L’artiste poursuit ainsi le dialogue avec les mêmes paysages, mais avec les outils de son époque.

Galerie des Grands Sables : 21, rue des Grands Sables, Clohars-Carnoët. Tous les jours, jusqu’au 20 septembre 2026.