L’université belge de Gand a annoncé jeudi avoir suspendu un de ses chercheurs, à l’origine d’accusations de plagiat à l’encontre d’un professeur britannique à Cambridge, Jason Arday, qui avait démissionné début août avant d’être retrouvé mort.
L’université de Gand a expliqué dans un communiqué avoir décidé d’ouvrir une « enquête disciplinaire préliminaire » à l’encontre de ce chercheur, qu’elle ne nomme pas explicitement, et décidé de le suspendre de ses activités de recherche post-doctorale, « à titre préventif ».
« Je viens juste d’être suspendu par l’université de Gand. Je suis à peu près certain qu’ils vont me renvoyer », a réagi sur X le chercheur, Nathan Cofnas, qui se définit lui-même comme un « réaliste racial » et qui a été démis de ses propres fonctions à Cambridge en 2024.
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Cette enquête doit permettre, selon l’université, de vérifier s’il existe « des éléments suffisants pour transmettre le dossier à l’instance disciplinaire compétente en vue d’un examen plus approfondi ».
« L’Université de Gand est profondément choquée par le décès du professeur Arday », a également affirmé sa rectrice Pietra De Sutter, dans un communiqué publié mercredi.
Ce décès « doit nous amener à réfléchir » et « nous espérons que les leçons seront tirées quant à la manière dont nous nous traitons les uns les autres », a-t-elle encore affirmé dans un communiqué co-signé par son adjoint Herwig Reynaert.
Allégations et « harcèlement médiatique »
Des allégations semblables avaient fait surface plusieurs années auparavant, mais sans aboutir, Jason Arday intentant notamment une action en diffamation contre un journaliste enquêtant sur lui.
Les médias britanniques et les commentateurs de droite ont emboîté le pas à Nathan Cofnas, affirmant que Jason Arday, qui avait contesté ces accusations, avait indûment bénéficié des politiques en matière de diversité, d’égalité et d’inclusion.
La famille de Jason Arday a dénoncé suite à sa mort une « campagne de harcèlement » et des milliers de personnes, dont des députés britanniques, ont signé une pétition réclamant une enquête sur ce qu’ils qualifient de « harcèlement médiatique ».
En mars 2023, Jason Arday était devenu le plus jeune professeur noir de l’histoire de Cambridge à 37 ans. Cette nomination, dans un monde universitaire britannique où le prestigieux corps professoral reste « dominé par des hommes blancs », selon l’expert en politiques de diversité Robin Cohen, de l’université d’Oxford, lui avait donné une visibilité bien au-delà du monde académique.
afp/bero