Sans leur leader Héléna Cazaute, les Bleues vont tenter à l’Euro, qui commence vendredi face à la Slovaquie (13 heures, en direct sur la chaîne L’Équipe), de sauver une campagne 2026 loin des promesses de la précédente, conclue par un quart de finale mondial.

D’un été à l’autre, pour l’équipe de France, l’heure est au changement de climat. Un an après la saison internationale la plus réussie de l’histoire de la sélection féminine, avec un quart de finale au Mondial en Thaïlande (défaite contre le Brésil), le premier disputé depuis 1974, qui confirmait une Ligue des nations (VNL) très réussie (9es), les Bleues traversent la canicule… sous une douche froide.

Débarquées mardi à Göteborg (Suède) à basse température (15 degrés localement), en vue d’un Euro (21 août-6 septembre) à haut risque, elles sont redescendues d’un étage, après une VNL 2026 au petit trot. Elles n’ont même sauvé leur place dans la classe affaires du volley international, où se gagnent et se perdent les points pour les JO (*), qu’à la faveur de deux succès in extremis en Serbie (3-2) et face à la Bulgarie (3-1).

Au total, matches de préparation inclus, elles n’ont pêché que cinq petites victoires dans cette campagne 2026 – pour 21 défaites -, loin des promesses semées lors de la prise en mains du sélectionneur espagnol Cesar Hernandez. Elles attaquent l’Euro vendredi en Suède (premier match à 13 heures contre la Slovaquie, en direct sur la chaîne L’Équipe) affaiblies par plusieurs absences, dont celle de la capitaine et leader Héléna Cazaute, forfait (dos), et déjà retardées (15es mondiales, deux places de moins qu’à la fin 2025) dans la course aux tickets olympiques pour 2028 (*), objectif fédéral et d’une équipe à la progression spectaculaire et graduelle jusque-là.

(*) Les 12 billets pour les JO de Los Angeles sont distribués aux États-Unis (hôtes), aux cinq champions continentaux 2026, aux trois premiers de la Coupe du monde 2027 (organisée aux États-Unis et au Canada) puis aux trois équipes les mieux classées au classement mondial après l’été 2027, selon une répartition continentale et en tenant compte des cumuls.

Brillante en 2025, Imam Ndiaye est à la peine

En perte de repères collectifs et de leaders, les Françaises conservent la foi de celles qui ont traversé les flammes en VNL. Elles visent toujours un quart de finale, et d’abord la deuxième place d’un groupe à leur portée, hormis l’intouchable Italie, face à des nations de standing inférieur (Croatie, Montenegro) ou d’autres (Slovaquie, Suède) qu’elles ont l’habitude de mater. À condition toutefois de corriger les carences observées depuis les premières chaleurs de l’été.

«L’été dernier, il y avait un renouveau, l’arrivée de Cesar (Hernandez, le sélectionneur espagnol), d’un nouveau staff, des changements dans la rotation. Cette année, c’est la même équipe et pourtant ça se passe moins bien. On savait que ce serait plus dur, car en VNL toutes les nations envoient leur grosse équipe pour la course aux JO, c’était moins le cas l’an passé. Et puis ça reste jeune, avec beaucoup de filles qui n’ont pas forcément beaucoup joué (en club) dans la saison», pose Amandine Giardino, nommée capitaine au relais d’Héléna Cazaute pour l’Euro.

Même équipe ? Presque. Car les deux leaders d’attaque, Cazaute et Iman Ndiaye, très performantes l’été dernier, n’ont cessé de courir après leur meilleur niveau, alors que la passeuse Nina Stojiljkovic n’a fait qu’un passage, précieux, lors du sauvetage en VNL, avant de renoncer elle aussi à l’Euro (raisons personnelles).

En 2025, d’un bout à l’autre de l’été, la confiance et la dynamique collective s’étaient conjuguées au brio individuel de Cazaute et Ndiaye. Meilleure serveuse et scoreuse de la première phase de la VNL, Ndiaye (24 ans) avait supplanté à son poste le pilier Lucille Gicquel. Cette année, l’ancienne étudiante d’UCLA est à la peine, notamment sur son service. Et est évidemment davantage attendue par les adversaires. «L’an dernier, on mettait la pression au service et cela aidait beaucoup notre défense», constatait Cesar Hernandez pendant la Ligue des nations.

Des connexions encore fragiles

L’été pourri par des douleurs au dos d’Héléna Cazaute pèse forcément très lourd dans le bilan intermédiaire des Bleues. Exceptionnelle de constance l’an dernier, la Narbonnaise (28 ans) n’a pu avoir son rayonnement habituel, notamment pour stabiliser la réception, malgré l’abattage de la libéro Juliette Gelin.

Pour rééquilibrer l’embarcation, les changements de voilure et les connexions collectives ont mis du temps à se mettre en oeuvre, et restent encore fragiles. Depuis deux mois, les Bleues ont multiplié les séances d’entraînement qui firent défaut en début de campagne, quand le staff avait choisi de multiplier les matches pour réactiver des joueuses en manque de jeu. Elles espèrent y puiser les valeurs collectives qui compenseront la perte de Cazaute. Et un surplus de folie. «C’est une équipe jeune (12 joueuses sur 14 pour l’Euro ont 26 ans ou moins). Six d’entre elles n’ont jamais joué d’Euro. Mais on doit en faire un atout car cela amène davantage d’énergie et d’insouciance», veut croire Hernandez, à l’aube d’un Euro qui doit sauver un été à contre-courant.

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L’Équipe – Arnaud Lecomte