Ancienne professeure de biologie en Belgique, Karine Lété s’est prise de passion pour les Côtes-d’Armor il y a quarante ans, avant d’ancrer son histoire à Paimpol il y a une décennie. Une terre d’adoption où cette artiste passionnée expose régulièrement, comptant déjà une dizaine de rendez-vous artistiques dans la région.
Voilà quinze ans que Karine Lété dompte la matière du verre. Ses débuts, marqués par quelques déboires techniques, ont rapidement laissé place à l’émerveillement des premières réussites. Pour maîtriser pleinement ses créations, l’acquisition de son propre four s’est imposée comme une évidence : les résidus de colorants et de pâte de verre des fours partagés altéraient la pureté du rendu. Travailler le verre exige en effet une précision chirurgicale. Dans son grand four d’un mètre sur deux, les pièces traversent plusieurs paliers de recuisson, oscillant entre 500 °C et 900 °C durant 24 à 48 heures. Un procédé exigeant où la température doit rester parfaitement homogène et dont la magie opère à chaque ouverture.
Son parcours scientifique se répercute sur son art
Pour soutenir ses œuvres lors de ces cuissons extrêmes, Karine Lété n’hésite pas à manier elle-même la soudure semi-automatique. « Scientifiques et artistes ne sont-ils pas animés par une même passion », s’interroge-t-elle. Son parcours scientifique nourrit directement son art : la mer, la végétation et le vivant composent son univers, enrichi par ses ressentis personnels – à l’image des bulles délicates façonnées pendant le confinement. Son travail est une invitation à l’évasion et au voyage imaginaire.
Son cheminement à Paimpol a également été marqué par de belles rencontres humaines, notamment avec le céramiste aujourd’hui disparu Gérard Tonneau, qui l’a prise sous son aile et lui a redonné souffle et confiance.
Récemment mise en lumière aux côtés du collectif LyBaKaPa, l’artiste prépare à présent sa prochaine exposition personnelle, portée par une conviction profonde : « L’art nourrit ».