La pluie a fait son grand retour vendredi en Suisse après des semaines de sécheresse. Le Tessin est particulièrement touché depuis jeudi, avec de nombreux dégâts et perturbations. Les Grisons ne sont pas épargnés où une route menant au Val Calanca a notamment été ensevelie par des coulées de boue.
Le Tessin est copieusement arrosé depuis jeudi soir. Près de Lugano, un ruisseau est notamment sorti de son lit, transformant une autoroute en rivière. Les véhicules circulaient momentanément avec les roues partiellement immergées.
Dans les Grisons, la vallée du Mesolcina, à la frontière avec le Tessin,n’a pas été épargnée avec des ruisseaux qui se sont transformés en torrents. Le village de Sorte (GR) a été envahi par des coulées de boue, coupant certaines routes. Les habitants du val Calanca (GR) ont par ailleurs été évacués par hélicoptère, car la route a été fermée.
« Nous avons mesuré 30 à 40 millimètres d’eau tombés en une heure. A certains endroits, il en est même tombé 50 millimètres. Mais cela n’a rien d’exceptionnel, ce sont des choses qui arrivent presque chaque année », explique Luca Paniera, météorologue chez MétéoSuisse.
Ce qui est plus exceptionnel, poursuit-il, c’est que les pluies sont abondantes après des semaines sans précipitations. « Comme les sols sont très secs, les dégâts peuvent être importants. »
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La sécheresse persiste
Des précipitations sont encore attendues ce vendredi mais en moins grande quantité. Mais elles ne suffiront pas à réduire le déficit hydrique dans le sud des Alpes, particulièrement sur les nappes phréatiques. La situation reste critique, notamment dans la vallée de la Maggia et dans le Bas-Mendrisiotto.
« Il faudrait des précipitations qui ne soient pas concentrées sur quelques jours, mais qui soient peu intenses et s’étalent sur plusieurs semaines », a souligné à la RSI Rodolfo Perego, chercheur en hydrogéologie à la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI). « Sur des sols qui ont perdu leur humidité, où la sécheresse a rendu le terrain imperméable, les eaux de pluie ruissellent en surface sans s’infiltrer suffisamment pour recharger les aquifères », ajoute-t-il.
Cécile During/fgn