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Publié le
22 août 2026 à 17h00
La recherche avait commencé par une photographie représentant un ballon sur la place Lariboisière. En retrouvant la trace de ce cliché dans leurs anciens fichiers numériques, les Archives de Fougères (Ille-et-Vilaine) cherchaient à remettre la main sur l’original afin de pouvoir le numériser dans de meilleures conditions.
Quelques jours plus tard, trois albums ont finalement été apportés au service des archives par les propriétaires actuels, qui ont vu le message dans la presse. Ces albums sont passés de familles en familles, dont la famille Toutirais, puis, aujourd’hui, par ses voisins, sans qu’on ne connaisse celle qui, à l’origine, les avait constitués.
Trois albums aux contenus différents
La découverte a réservé une première surprise : il n’y a pas un ou deux albums, comme le laissaient penser les anciens fichiers numériques, mais trois. « À l’origine, j’avais supposé qu’il y en avait au minimum deux, parce que mon prédécesseur avait pris en photo deux couvertures différentes », explique Mélanie Roussigné, responsable des Archives municipales de Fougères.
Les trois albums sont en très bon état général, même si les photographies ont subi les effets du temps. Le papier utilisé à l’époque, appelé papier albuminé, a tendance à jaunir et à faire progressivement disparaître les images.
Le contenu permet déjà de distinguer plusieurs thématiques. L’un des albums est principalement consacré à la côte d’Émeraude, avec des photographies de Saint-Malo, Paramé et de villas du bord de mer. Les deux autres présentent davantage Fougères, sa campagne environnante, des paysages et des portraits.
Une présence de la mer qui n’étonne pas Mélanie Roussigné. À la fin du XIXe siècle, le développement du chemin de fer permettait aux habitants de Fougères de rejoindre plus facilement le littoral. Les « Trains de plaisirs » permettaient ainsi de partir quelques heures ou quelques jours en bord de mer.
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Les trois albums photos retrouvés. ©Victoire HoudanDes scènes de vie parfois étonnantes
Au fil des pages, les Archives découvrent aussi des scènes beaucoup plus personnelles. Certaines montrent des habitants à la campagne, des enfants ou encore des moments de la vie quotidienne.
L’un des albums contient même une véritable petite histoire photographique. Des enfants y sont mis en scène dans une série de clichés racontant leurs mésaventures après avoir tenté de voler des pommes. Un garde champêtre intervient, les enfants jouent les prisonniers et chaque photographie est accompagnée de petites légendes rédigées sous forme de poésie.
« Parmi nos collections, c’est la première fois qu’on voit ce genre de choses : quelqu’un qui s’amuse à créer une petite histoire à travers les photos et à légender sous forme de poésie », raconte la responsable des Archives.
Le photographe semble également avoir pris soin de mettre en scène son entourage. Mais impossible pour l’instant de savoir s’il s’agissait de membres de sa famille ou simplement de personnes qui l’entouraient.
À la recherche du photographe
C’est justement l’une des prochaines enquêtes que les Archives souhaitent mener. L’un des trois albums permet déjà de dater les photographies avec davantage de précision : une mention indique l’année 1898.
D’autres indices pourraient permettre d’aller plus loin. Le photographe semble avoir participé à des salons de photographie, ouverts à l’époque aussi bien aux professionnels qu’aux amateurs. Deux mentions honorables ont notamment été retrouvées : l’une obtenue lors d’un concours à Flixecourt, dans la Somme, en août 1898, et l’autre à Bourges, en mai 1899.
Son nom n’apparaît toutefois nulle part dans les albums. « Ce que j’espère maintenant, c’est que la presse de l’époque aura détaillé l’organisation de ces salons et les noms des personnes qui ont remporté des prix », explique Mélanie Roussigné.
En recoupant ces informations, les Archives pourraient ainsi parvenir à identifier le photographe à l’origine des clichés.

Ces albums sont passés de familles en familles. ©Victoire HoudanDes images précieuses pour comprendre Fougères
Les albums offrent déjà de nombreux renseignements sur l’évolution de la ville. On y retrouve notamment la porte Notre-Dame, le château, des vues générales de Fougères ou encore des bâtiments qui ont depuis été transformés.
Sur l’une des photographies, l’actuelle école Odile-Gautry apparaît ainsi avant sa surélévation. Sur une autre, le château de Fougères montre un visage bien différent de celui que l’on connaît aujourd’hui, avec une végétation qui avait largement repris ses droits.
« À travers les photos, on peut découvrir des lieux qui ont été totalement modifiés, qui n’existent plus du tout ou, au contraire, qui n’ont pas vraiment bougé », souligne Mélanie Roussigné.
Pour les Archives, ces photographies ne sont pas seulement des illustrations anciennes. Elles constituent de véritables sources pour les recherches historiques et permettent de documenter des lieux, des événements et des modes de vie.

Une photographie représentant un ballon sur la place Lariboisière. ©Victoire HoudanUne numérisation prévue rapidement
Les trois albums vont désormais être numérisés en haute définition. L’opération devrait être réalisée rapidement, notamment parce que les Archives ne savent pas encore si les albums pourront leur être donnés ou s’ils devront être restitués à leurs propriétaires actuels.
« Même si on peut comprendre que les gens soient attachés à leurs photos ou à leurs documents, notre objectif est plutôt de collecter les originaux », explique Mélanie Roussigné. Un don permettrait ainsi aux Archives de conserver durablement les albums dans des conditions adaptées.
La numérisation permettra quoi qu’il arrive de préserver une copie de meilleure qualité et d’étudier plus précisément ces photographies. « Ces photos anciennes sont vraiment des sources de recherche très importantes », conclut la responsable. Elles permettent notamment de mettre en images des événements connus grâce à d’autres documents et de suivre l’évolution de Fougères au fil du temps.
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