Cette lithographie, réalisée sur papier vélin dans la première moitié du XIX e  siècle, reproduit fidèlement la façade du théâtre municipal de Dole dans ses premières années. L’édifice fut construit en trois ans, de 1840 à 1843, sur un cahier des charges dressé par l’architecte « voyer » (architecte diplômé d’État aux compétences administratives nécessaires à la gestion de l’espace urbain), André Amoudru  : 800 places, trois galeries dont deux avec loges, la capacité pour un orchestre de 40 musiciens, un foyer pour 250 personnes, et un coût maximal de 120 000 francs.

Italien et néoclassique

Le projet de l’ingénieur architecte bisontin Jean-Baptiste Martin est sélectionné. Il sera établi sur le terrain d’une ancienne salle de spectacle, aménagée dans un ancien magasin à poudre et devenue complètement obsolète. Le théâtre « à l’italienne » de style néoclassique est inauguré le 4 juin 1843 avec son premier spectacle : la pièce  Les Enfants d’Édouard , une célèbre comédie historique de Casimir Delavigne. Il connaîtra une succession de travaux et d’améliorations au fil de son histoire.

Masqué par l’angle du bâtiment de gauche, on ne voit pas l’escalier de secours sur quatre niveaux qui fut demandé par l’architecte de la Ville, Eugène Bouveret, suite au dramatique incendie du Bazar de la Charité du 4 mai 1897, à Paris. Selon la fiche Mérimée de la plateforme ouverte du patrimoine consacrée au théâtre, il est signalé que la fabrication de ce dispositif de sécurité fut confiée à la Société des hauts fourneaux, fonderies et forges de Franche-Comté et livré en 1901.

Fermé durant huit ans

Occupé par les troupes en 14-18, le théâtre sera de nouveau rénové en 1923. Puis, entre 1935 et 1936, il héberge aussi des projections de films. Mais l’expérience tournera court avec un déficit croissant et un cinéma, le Modern’Cinéma, sera construit derrière l’Hôtel de la Cloche, avenue de Norwitch (fermeture en 1997). La plus importante campagne de travaux sera celle initiée de 2014 à 2021, avec une fermeture pour raison de sécurité en 2015 et une enveloppe de plus de 8 millions d’euros. Le public dolois redécouvre son théâtre le 28 novembre 2021.

Digne élève de Jacques-Louis David

L’œuvre fixée par Fragonard (1780-1850) ne doit rien au hasard : Alexandre-Évariste Fragonard, peintre et sculpteur, fut effectivement élève de Jacques-Louis David, chef de file du mouvement néoclassique. Le maître trouva en lui un digne héritier. Les œuvres de Fragonard émaillent aujourd’hui les musées, de Paris (au Louvre) à Blois, de Saint-Étienne à Rouen, d’Atlanta (High Muséum of Art) à Montréal, de Morez (musée de la lunetterie) à Dole (musée des Beaux-Arts), ou à Grasse, où se trouve la « VillaFragonard ».

Alexandre-Évariste était le fils de Jean-Honoré Fragonard, ambassadeur du style rococo, spécialiste du genre libertin, et qui fut l’un des conservateurs du Louvre, sur l’insistance de Jacques-Louis David.

Musée des Beaux-Arts de Dole, ouvert tous les jours de 10 heures à midi et de 14 à 18 heures, sauf les dimanches matin, les lundis et les mardis du 1er novembre au 31 décembre. Fermé le 1er   mai, le 1er   novembre, et du 25 décembre au 1er   janvier. Entrée libre.